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Dave Jordano : Detroit, Unbroken down

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Beaucoup de photographes expatriés pendant plusieurs années retrouvent leur ville natale avec le regard ambigu de l’autochtone et de l’étranger et en font le sujet d’une série. C’est le cas de Klaus Mellenthin qui, après 7 ans passées à Barcelone puis, toujours plus au nord, à Paris et à Londres, a décidé de retourner à Berlin. Il découvre avec délice que sa ville natale est devenue la capitale du dandysme et se met a mettre en scene deux dandys et artistes locaux dans des images que l’on peut voir ici : http://blog.bff.de/the-berlin-dandy-is-back

C’est aussi le cas de Dave Jordano, qui a quitté Detroit pendant trente ans avant d’y revenir en 2010.  “Ces photographies sont ma réponse à toute la presse négative endurée par Detroit pendant toutes ces années. Je voulais voir par moi-même ce dont tout le monde parle, et comme tout le monde, j’ai d’abord été attiré par les mêmes sujets que les autres photographes”, explique-t-il.

La première communauté  qu’il a photographiée est la plus glaçante. Elle consiste en une série de portraits de femmes, trentenaires pour la plupart, posant dans des tenues modestes. Certaines sont défigurées, d’autres prennent des poses de douleur, mains croisées sur le ventre. Les 16 images sont accrochées d’un bloc, sur deux lignes, espacées d’à peine 5 cm les unes des autres. A voir les regards de ces tristes modèles, on se demande ce qui leur est arrivé.
L’exposition suit le parcours du photographe et sa redécouverte de la ville où il a grandi : « Mon père avait l’habitude de dire en rigolant que nous avons de l’huile mécanique qui coulent dans nos veines. […] (Et) Je continue à croire qu’il y a un peu de vérité dans ce qu’il disait.” On commence donc avec les poses fières, bras croisés, regards durs que l’on a l’habitude de voir comme  attributs de la marginalité. On entend résonner quelques “wesh wesh”, les tenues sont explosives, les perruques rouges. Et puis il y a ceux qui dorment paisiblement, la main vissée dans le pantalon.

Peu a peu, Dave Jordano ajoute à ces scènes les situations où les gens se retrouvent : d’abord par la musique, sous-entendue dans le portrait d’un guitariste amateur et suggérée par le jazz bossa-nova à base de trompette et trombone qui résonne doucement dans la galerie. Vient ensuite le sport, la famille, et toutes les autres familles d’adoption. Des policiers s’entraînent à des interventions anti-émeute dans un rendu visuel qui évoque un entraînement de football américain, avec les casques et les positions des corps penchés en avant dans leur course.

La nature, surtout, semble fédérer. « Les gens se retrouvent dans ces jardins communautaires et font des barbecues et tout un tas de choses sympas comme ca », commente Jordano. Peut-etre que si la nature inspire, c’est par sa capacité à se régénérer. Et dans une ville comme Detroit, se renouveler est l’actuel credo, même cela prend plus de temps que les radis ne mettent pour sortir de terre.

Dave Jordano : Detroit, Unbroken down
Jusqu’au 21 mars 2014

United Photo Industries HQ
111 Front Street, Suite 204
Brooklyn – NY
USA

http://unitedphotoindustries.com
http://www.davejordano.com

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