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Bruno Ehrs

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Hjorter’s, La Chapelle abandonnée

Lieu
Le charpentier Jöns Hjorter trouva le salut lors d’une réunion de prière, alors qu’il avait la trentaine. Il décida alors de fonder son propre mouvement chrétien de salut. Dans les années 1860, la chapelle était prête, construite sous sa direction et dans le respect strict de ses règles de simplicité architecturale.

« Ils avançaient tranquillement et silencieusement, et étaient très modestes dans tous les aspects de leur vie. Ils suivaient l’ordre de la grâce. »

Les Hjorteriens étaient rudes et démodés. Afin de ne pas être tentés de parler de choses profanes avant la messe, les fidèles se rendaient à la chapelle en file indienne, un par un, dans un silence absolu, tous vêtus de noir. Ils lisaient la Bible de Charles XII de 1703 et chantaient le recueil de cantiques de Wallin de 1819, malgré les éditions ultérieures qui avaient remplacé les versets. « Si vous voulez une Parole pure du Seigneur, vous devez la chercher dans les éditions du passé », raisonnait la congrégation.

Jöns Hjorter mourut en 1874. Après sa mort, personne ne lui succéda et la congrégation cessa ses activités après un certain temps. Aujourd’hui, la chapelle est utilisée avec parcimonie, une fois par an.

Contexte
– Il faut absolument que vous visitiez la chapelle de Hjorter, m’a dit un ami lors de ma visite dans le sud de Gotland.
Sa description vivante de cette chapelle abandonnée et remarquablement bien conservée a piqué ma curiosité et m’a étonné.
– Puis-je y aller maintenant, même s’il est déjà tard, me suis-je dit ? J’ai appelé le sonneur de cloches à Burs et, une heure plus tard, j’ai déverrouillé la porte de la chapelle et je suis entré.

La séance photo
Dès mes premiers pas dans la chapelle de Hjorter, j’ai été frappé par la gravité des pièces et leur beauté sans prétention. Là où les choses du quotidien prenaient un sens exacerbé, comme si elles voulaient raconter une histoire à quiconque pénétrait prudemment dans la pièce.

La lumière effleurait étrangement les bancs éraflés, l’odeur des recueils de cantiques usés soigneusement rangés sur leurs étagères. Je m’assis respectueusement sur un tabouret et regardai autour de moi. Mon regard se posa sur les chiffres métalliques ternes du tableau des cantiques, dont la fonction avait depuis longtemps perdu toute signification.

Soudain, je ressens le désir de quelque chose d’inconnu que j’ai perdu. Qu’est-ce que je vois et ne vois pas dans cette pièce qui me fait ressentir cela ? Est-ce la dignité de l’inconnu qui me fait réfléchir ?

Sur le sol usé, je vois un jeu de lumière, de soleil et d’ombres. Serait-ce une image ?

Musée de Gotlands, Visby, Suède
28 juin – 17 août 2025
Photographe : Bruno Ehrs

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