William Klein
Né en 1926 à New York, États‑Unis. Décédé en 2022 à Paris, France.
Installé à Paris dès 1947, William Klein étudie la peinture et passe par l’atelier de Fernand Léger. C’est en peintre qu’il entre en photographie au début des années 1950, prolongeant en chambre noire une œuvre picturale abstraite. En 1956, paraît son premier livre, réalisé dans les rues de sa ville natale, New York. D’une modernité cinglante, il figure encore aujourd’hui comme un jalon essentiel de l’histoire de la photographie. Poursuivant ses fresques photographiques urbaines, Klein pratique parallèlement la photographie de mode jusqu’au début des années 1960, avant de se tourner vers le cinéma et un engagement politique explicite, notamment en faveur du mouvement pour les droits civiques et contre la guerre du Viêtnam. Déployée sur plus de cinq décennies, l’œuvre construite est monumentale, libre, débordante, totale.
Célébré pour ses grandes fresques photographiques dédiées à New York, Rome, Moscou, Tokyo ou Paris, William Klein est aussi l’auteur d’une œuvre ouvertement critique et politique qui reste méconnue. À l’occasion du centenaire de sa naissance, This Way to Heaven expose l’engagement de l’artiste, au long d’un parcours rétrospectif associant photographies, peintures, films et dessins et révélant de nombreux documents inédits.
Dans une œuvre aussi caustique que visionnaire, William Klein dépeint le spectacle visuel dispensé par les mass media et les systèmes de pouvoir qu’ils nourrissent. Méthodiquement, l’artiste met en pièces la mécanique bien huilée de l’image telle que formatée par la presse puis la télévision naissante, et la remonte, volontairement grinçante.
Pour cet Américain exilé pour de bon à Paris dès l’immédiat après-guerre, quel meilleur poste d’observation de cette société du spectacle en devenir que le pays de l’entertainment ? Ainsi, c’est aux États-Unis qu’il retourne dès 1954 pour réaliser son premier grand opus photographique, portrait sans concession de sa ville, captant le culte du dollar et l’injonction consumériste, mimant le sensationnalisme de la presse tabloïd. C’est encore avec trois personnages américains réels ou fictionnels – Muhammad Ali, Polly Maggoo et Mister Freedom – qu’il élabore dans les années 1960 trois de ses plus grands films. Chacune de ces figures incarne à sa manière, tantôt combative, tantôt candide ou encore brutale, une société polarisée, malmenée par la spectacularisation constante de la vie publique, privée et politique.
De la lumière de ses premiers photogrammes à celle des projecteurs braqués sur les icônes Ali ou Polly, en passant par la lumière des néons inondant religieusement la nuit new-yorkaise de ses messages publicitaires, l’exposition retrace la trajectoire d’un artiste qui, inlassablement, comme un membre de la famille refusant de se résigner, rappelait son pays à ses promesses non tenues, lui retournant son miroir aux alouettes.
Raphaëlle Stopin
Lieu
Chapelle du Museon Arlaten – musée de Provence
Commissariat
Raphaëlle Stopin
Exposition produite par les Rencontres d’Arles, en collaboration avec le studio William Klein.
Avec le soutien de Picto.
Tirages
Picto, Paris
Encadrement
Circad, Paris
Publication
William Klein, Photo Poche, Actes Sud, 2026.
Informations pratiques
Dates du festival : du 6 juillet au 4 octobre 2026
Semaine d’ouverture : du 6 au 12 juillet 2026
Pass toutes expositions : 42 € (tarif réduit : 33 €)
www.rencontres-arles.com/fr














