Sammy Baloji
Né en 1978 à Lubumbashi, République démocratique du Congo (RDC).
Vit et travaille entre Lubumbashi, RDC, et Bruxelles, Belgique.
Photographe, plasticien et cinéaste, Sammy Baloji explore l’histoire et la mémoire de la RDC, en particulier l’héritage culturel et industriel du Katanga et les effets de la colonisation belge. Il a participé à de nombreuses expositions personnelles et collectives à l’international.
En France, il a notamment été exposé au musée du Quai Branly – Jacques Chirac (2015), au Grand Palais (2020) et aux Beaux‑Arts de Paris (2021). Ses œuvres ont été acquises par plusieurs collections publiques, comme celle du Cnap ou du musée de la Musique à la Philharmonie de Paris. En 2017, il a co‑fondé Twenty Nine Studio & Production avec Rosa Spaliviero, un studio de recherche, de création et de production dans le domaine des arts visuels et du cinéma. En 2026, Sammy Baloji est artiste‑professeur invité au Fresnoy – Studio national des arts contemporains.
Depuis 2005, Sammy Baloji s’intéresse aux tensions entre société traditionnelle et modernité coloniale qui traversent les espaces urbains du Katanga, questionnant la façon dont les systèmes de classification hérités du colonialisme continuent de façonner les représentations. En 2017, il part avec l’anthropologue Filip De Boeck sur les traces de la sécession katangaise, avec en arrière-plan son histoire familiale dans la province du Katanga et les recherches menées par l’anthropologue entre le Congo et l’Angola.
Au cœur de l’exposition se trouve l’Hôtel Impala, qui appartenait au grand-oncle de l’artiste à Kolwezi. Réquisitionné à deux reprises durant les conflits qui ont secoué le Katanga, ce lieu familial confisqué par l’histoire devient le point de départ d’un récit plus large. À l’image des termitières en perpétuelle construction qui balisent le territoire, Paysage prisme se déploie comme une stratification temporelle où des images d’archives occidentales se confrontent à des archives vernaculaires, des témoignages de femmes et d’hommes katangais ainsi qu’à des photographies contemporaines.
Le geste de Baloji se concentre sur le statut même des images : de quelles façons étaient-elles utilisées, comment les personnes se sont-elles représentées, et comment les lit-on aujourd’hui ? En mettant en dialogue des photographies d’environnements, de paysages et de portraits avec des récits autobiographiques et des archives familiales ou européennes comme celles de Paris Match, Paysage prisme confronte les points de vue et propose une alternative aux récits dominants des dernières décennies sur l’histoire du Congo et de ses frontières héritées de la colonisation. Ainsi, Sammy Baloji crée une confrontation sensible et subjective entre grande histoire et micro-histoires : celles de la famille de l’artiste, celles des acteurs et victimes de la sécession katangaise et des deux guerres du Shaba, ainsi que celles, contemporaines, du Congo face à l’extractivisme du capitalisme mondial.
Ce projet de recherche artistique a en partie été rendu possible grâce à l’obtention du Robert Gardner Fellowship in Photography, une bourse créée par le Peabody Museum of Archaeology and Ethnology de l’université Harvard.
Lieu
Église des Trinitaires
Exposition produite par les Rencontres d’Arles.
Avec le soutien de Flanders State of the Art.
En collaboration avec la galerie Imane Farès.
Tirages
Processus, Paris
Contrecollage et encadrement
Atelier Image Collée, Montreuil
Informations pratiques
Dates du festival : du 6 juillet au 4 octobre 2026
Semaine d’ouverture : du 6 au 12 juillet 2026
Pass toutes expositions : 42 € (tarif réduit : 33 €)
www.rencontres-arles.com/fr














