Αμμόχωστος – Το Άλγος του Νόστου | Ammochostos – The Algos of Hostos
Personne n’entre à Varosha par hasard. Le simple fait de regarder revient déjà à devenir témoin d’une violation qui se poursuit.
Ce n’est pas une déclaration d’artiste. Il s’agit d’un témoignage visuel d’un crime de guerre en cours.
Varosha, Famagouste, Chypre, octobre 2020.
Pour la ville enclavée d’Ammochostos (Famagouste), le temps semble s’être arrêté depuis 1974, figé dans un décor cinématographique surréaliste. Aujourd’hui, elle est enveloppée d’une aura tout à fait différente, tant en tant que lieu qu’en tant que paysage.
En 1974, sous prétexte de protéger les Chypriotes turcs, la Turquie a envahi l’île à la suite d’un coup d’État éphémère fomenté et orchestré par la junte grecque. Depuis lors, la Turquie occupe illégalement un tiers de la République de Chypre, bafouant toute notion de légalité internationale.
Conformément aux résolutions 550 (1984) et 789 (1992) du Conseil de sécurité des Nations unies, la ville de Famagouste aurait dû être placée sous le contrôle des Nations unies. Or, en violation flagrante de ces résolutions, la Turquie continue d’occuper l’intégralité de la ville. Sa partie la plus animée, Varosha, d’une superficie de 6,2 kilomètres carrés, a été clôturée et placée sous contrôle militaire, afin de servir de monnaie d’échange dans les négociations en vue d’un règlement de la question chypriote.
Dans un acte illégal et provocateur, le régime d’occupation a ouvert, en octobre 2020, une partie de la ville clôturée d’Ammochostos, transformant cette ville déserte, usurpée à ses habitants grecs légitimes, en un parc à thème grotesque sous le prétexte trompeur d’une destination touristique.
La nouvelle réalité imposée à la ville fonctionne comme un rappel constant de la souffrance et comme une exploitation de celle-ci. Sans le savoir et contre notre gré, chacun d’entre nous devient témoin d’une violation continue et implacable dans un conflit gelé.














