Common Matter
« COMMON MATTER », un projet photographique de Sonia Fattori, explore le lien ancestral qui unit l’être humain à son environnement naturel. En associant portraits humains et paysages naturels, ce projet propose une comparaison entre l’anatomie humaine et celle de la nature, mettant en lumière ce qui les unit.
Le regard photographique se concentre sur l’essence même de la matière et de la surface : de la peau marquée par le soleil aux sillons du temps sur les visages et la pierre ; des lignes des corps à la géométrie du paysage ; des couleurs des tissus aux nuances des roches stratifiées, suggérant que les individus portent en eux, de manière tangible et visible, le territoire qu’ils habitent.
L’objectif de ce travail est de mettre en lumière le lien profond qui unit l’homme et la nature, en soulignant comment ces deux entités coexistent et s’influencent mutuellement, tout en attirant l’attention sur la nécessité de repenser une relation qui risque de devenir de plus en plus artificielle et irrespectueuse. Les êtres humains ne se contentent pas d’habiter la terre ; ils en font partie intégrante et, à ce titre, doivent entretenir une relation avec elle — au prix de leur propre survie.
Pour les images de paysages, le choix s’est porté sur le territoire de la province de Salta (Argentine), où les populations autochtones s’efforcent de résister à la culture prédatrice dominante et de défendre leur identité, fondée sur une relation à la terre qui n’est pas économique mais spirituelle, communautaire et vitale, caractérisée par la réciprocité et un profond respect des cycles naturels.
Les visages et les silhouettes humaines, quant à eux, proviennent d’Inde (Rajasthan), berceau de l’une des cultures les plus riches, les plus anciennes et les plus durables de l’histoire de l’humanité, dont l’histoire semble être gravée sur ces visages, faisant d’eux des témoins vivants.
L’harmonie et les points communs qui se dégagent de la juxtaposition de lieux et de peuples géographiquement éloignés font s’effacer les frontières physiques et suggèrent une voie vers la reconnaissance d’une identité unique et d’un destin commun à l’humanité, étroitement lié à la relation qu’elle établit et entretient avec l’environnement. La ressemblance entre la géographie humaine et le paysage, ainsi que les effets du temps et des intempéries tant sur les humains que sur la nature, évoquent l’idée d’une « matière commune », mais aussi d’une matrice partagée, de sorte que le destin de l’un devient celui de l’autre, et que rien de ce que les humains font à l’environnement ne manque d’avoir des répercussions sur eux-mêmes également.
Le projet nous invite également à détourner notre regard de ces images – d’une appartenance simple, parfois rude, mais spontanée et harmonieuse – pour le porter vers nos propres lieux, les environnements de la vie quotidienne sous presque toutes les latitudes, afin d’y trouver la confirmation du lien indissoluble que les êtres humains tissent avec eux et du destin qu’ils écrivent ainsi.
À mesure que les terres reculent et que le béton gagne du terrain, les couleurs s’appauvrissent, les rythmes perdent leur naturel, les aliments sont de plus en plus transformés et emballés… Sur de nombreux fronts, nous assistons à une séparation, à un éloignement, à une perte d’équilibre et de bien-être, mais peut-être avons-nous encore l’occasion de réaffirmer notre essence commune.
Un projet de Sonia Fattori, textes de Marta Daneluzzi
www.soniafattori.it
https://www.facebook.com/SoniaFattoriPhotographer/
https://www.instagram.com/fattorisony_photographer/














