Paul Kodjo
Né en 1939 à Abidjan, Côte d’Ivoire. Décédé en 2021 à Abidjan, Côte d’Ivoire.
Paul Kodjo est une figure incontournable de l’histoire visuelle ivoirienne post-indépendance.
Sa carrière commence à Abidjan au début des années 1960 puis il s’installe en 1967 à Paris pour étudier la photographie. À l’issue de sa formation, il y exerce comme photojournaliste et ouvre son premier studio. En 1970, de retour en Côte d’Ivoire, il fonde l’agence MAMEDIS (Mass Media Service) à la croisée de la photographie, du cinéma et de l’édition, dont le cœur de l’activité est la production de photoromans. Parallèlement, il réalise de nombreux travaux de commande pour des bars et des boîtes de nuit, pour des couturières ou encore des particuliers. Ancrée dans l’ébullition culturelle portée par la jeunesse de son époque, son œuvre offre un récit visuel singulier de cette période de changements sociétaux.
Paul Kodjo : Photoromance est la première exposition personnelle d’ampleur du photographe ivoirien Paul Kodjo en France.
Figure majeure de la construction d’une culture visuelle ivoirienne postindépendance, il est l’un des premiers photographes africains à avoir exploré le genre du photoroman, non seulement pour son potentiel narratif, mais également pour les possibilités nouvelles qu’offre le langage cinématographique à la création d’images fixes.
Mêlant photographies issues de ses photoromans avec un corpus plus large, pour la plupart encore jamais exposé, cette exposition se concentre sur la production du photographe à son retour à Abidjan en 1970, où il initie l’agence avant-gardiste MAMEDIS (Mass Media Service), qui proposait des services aussi bien en photographie qu’en cinéma et en édition.
C’est dans ce cadre que Kodjo réalise ses premiers photoromans, qui deviennent rapidement le cœur de la production de l’agence. Publiées dès 1971 dans l’hebdomadaire Ivoire Dimanche, ces comédies de romances à rebondissements, inspirées des photoromans européens et notamment italiens, construisent les codes esthétiques et narratifs d’une éducation sentimentale visuelle à l’ivoirienne. Ces derniers continuent d’imprégner la production audiovisuelle nationale, en particulier durant son âge d’or dans les années 2000.
Tournés dans l’espace public ou des intérieurs domestiques, ces photoromans se font également le miroir des transformations sociales et économiques du pays au cours du « miracle ivoirien», une période de prospérité pendant les années 1960-1970 qui favorise le dynamisme culturel du pays et permet de nouveaux accès à la consommation moderne globalisée. Photoromancier de ce miracle ivoirien, Paul Kodjo mobilise également son regard artistique, ses cadrages cinématographiques et son goût de l’intrigue dans son travail documentaire où il nous plonge dans les nuits festives d’Abidjan, les modes vestimentaires et les sociabilités urbaines de l’époque.
Le corpus présenté nous parvient grâce au travail de préservation mené depuis plus de quinze ans par l’association Les Rencontres du Sud, fondée par le photographe ivoirien Ananias Léki Dago.
Une nouvelle étape de sauvegarde des négatifs a pu être entamée en 2025 grâce au soutien du programme Modern Endangered Archive de l’Université UCLA.
Amandine Nana
Informations pratiques
Dates du festival : du 6 juillet au 4 octobre 2026
emaine d’ouverture : du 6 au 12 juillet 2026
Pass toutes expositions : 42 € (tarif réduit : 33 €)
Lieu
Croisière
Commissariat
Amandine Nana
Exposition coproduite par les Rencontres d’Arles et le Palais de Tokyo, Paris.
Tirages
Processus, Paris
Contrecollage
Atelier Image Collée, Montreuil
Encadrement
Circad, Paris
Informations pratiques
Dates du festival : du 6 juillet au 4 octobre 2026
Semaine d’ouverture : du 6 au 12 juillet 2026
Pass toutes expositions : 42 € (tarif réduit : 33 €)
www.rencontres-arles.com/fr














