Dina Goldstein nous a envoyé Vancouver Beaches, un carnet de photographie faisant partie du coffret PORTRAITS DE VILLE. Elle présente la série comme suit :
Plages, montagnes et forêts entourent Vancouver et encadrent les tours de verre et autres habitations urbaines habituelles créées par l’humain. C’est peut-être pourquoi Vancouver excelle dans les enquêtes qui évaluent la qualité de vie. Cette beauté naturelle nous rappelle constamment que ce sont les humains qui envahissent la nature, et que la nature sera toujours plus grande que nous.
Plusieurs plages sont accessibles à Vancouver et dans ses environs. Elles ne ressemblent à aucune autre plage au monde, notamment à cause des gros rondins de bois, disposés à dessein, qui semblent pourtant échoués là comme des épaves sur le sable. Les plages elles-mêmes prennent le caractère de leur quartier et acquièrent une réputation qui reflète celle de leurs habitants. La plage de Kitsilano, ou « Kits », est un instantané idyllique du West Side de Vancouver. On y voit de jeunes professionnels célibataires se prélasser au soleil, jouer au volley-ball ou lancer un bâton à leur chien, dans la zone spécialement réservée aux chiens bien sûr ! Des règles strictes y sont appliquées, sous peine de lourdes amendes. Third Beach se niche dans Stanley Park, un vaste espace vert en plein cœur de la ville. De jeunes enfants y courent nus tandis que les cyclistes filent le long de la digue qui longe le parc. Cette plage se prolonge jusqu’à English Bay, dans le West End de Vancouver, réputé pour sa communauté gay, importante et accueillante. La vue y est à couper le souffle, avec des couples de même sexe se promenant main dans la main et des touristes brandissant leur perche à selfie, café Starbucks à la main. En poursuivant le long de la côte, à l’extrémité de la ville se trouve l’UBC, l’université de Colombie-Britannique. Il faut y chercher attentivement la porte 6, l’entrée de la célèbre plage nudiste de Wreck Beach. Pour atteindre Wreck Beach, il faut se préparer à une descente de mille marches jusqu’à la plage, puis à la remontée jusqu’à la route. Ce n’est pas un passage pour les âmes sensibles ; il faut être en bonne forme physique. À mi-chemin, un panneau annonce « Tenue optionnelle ». C’est là que la fête commence, avec une plage où l’on croise des musiciens jouant des bongos, des artisans vendant bijoux, vêtements et nourriture. On peut y trouver des boissons exotiques comme des shots de Jello, faits de vodka et de gelée à la menthe. Et bien sûr, l’odeur du BC Bud flotte dans l’air tandis que les gens se passent d’énormes joints. La plage a ses habitués, « le maire et le conseil municipal », qui imposent leurs règles aux nouveaux venus. La photographie et le voyeurisme y sont mal vus, et certains ont perdu leur appareil photo pour avoir pris des clichés sans autorisation.
Comme il pleut à Vancouver la majeure partie de l’année, les plages se transforment, passant de hauts lieux du culte du soleil à de paisibles paysages argentés. En hiver, les habitants prennent leur parapluie et leurs bottes en caoutchouc et se rendent à la plage pour prendre du recul et se confronter à la mer grise et agitée. Les Vancouvérois ont fait la paix avec la grisaille de l’hiver, qui promet en retour un écrin de verdure luxuriante et un nouvel été de ciels bleus et de plaisirs sur la plage.
Dina Goldstein
Ces photographies ont été réalisées pour un projet parisien, une collection de carnets de photographie en coffret intitulée PORTRAITS DE VILLE. Le coffret réunit des villes du monde entier, avec des livres de différentes couleurs.














