Meghann Riepenhoff
Née en 1979 à Atlanta, États‑Unis.
Vit et travaille à Bainbridge Island, États‑Unis.
Meghann Riepenhoff est titulaire d’un BFA en photographie de l’Université de Géorgie et d’un MFA du San Francisco Art Institute. Elle a été bénéficiaire d’une bourse Guggenheim en 2018. Son travail a été exposé à l’international dans des institutions telles que le SFMOMA, le High Museum of Art, le musée des Beaux‑arts de Boston, C/O Berlin, le Centre Photographique d’Île‑de‑France, le centre d’art contemporain de l’Onde, la Galerie du Monde et la Photographers’ Gallery. Son œuvre fait partie d’importantes collections, dont celles du J. Paul Getty Museum, de la National Gallery of Art et des Harvard Art Museums. Elle a publié deux monographies, Littoral Drift + Ecotone et Ice, cette dernière ayant été classée parmi les dix meilleurs livres de photographie de 2022 par Smithsonian Magazine.
Mes premiers souvenirs viennent du rivage, là où l’eau et la terre se rencontrent et se façonnent mutuellement. La mer me paraissait belle et dangereuse, immense, et pourtant intimement connectée à mon être. Avant que je sache que j’étais faite d’eau, l’eau, elle, semblait me connaître. Je travaille aujourd’hui en collaboration avec l’environnement, en réalisant de grands cyanotypes sans appareil photo, par contact direct avec le paysage. Chaque œuvre est une empreinte du temps, du lieu, de la nature et des conditions dans lesquelles elle a été produite.
Cette exposition explore la complexité de nos relations au paysage, au sublime, au temps et à l’impermanence. La « remontée d’eaux profondes » (upwelling) est un processus océanique qui régénère les écosystèmes. En anglais, le terme décrit également une montée fulgurante – qu’il s’agisse d’états émotionnels ou de mouvements sociaux ; en français, on pourrait parler de lame de fond.
Lame de fond rassemble des œuvres de cinq séries : Waters of the Americas [Eaux des Amériques] s’intéresse à des étendues d’eau altérées par l’intervention humaine ; Ecotone collabore avec les précipitations, dans des topographies bâties ou non ; les Chronographs sont des livres conçus spécifiquement pour l’exposition, dont une page est dévoilée chaque jour ; Adaptive Radiation [Radiation évolutive] est réalisée avec des écosystèmes marqués par l’héritage nucléaire des États-Unis ; State Shift [Changement d’État] rassemble des œuvres créées durant les deux années où ma famille a été déplacée après qu’un événement climatique a détruit notre maison.
Toutes ces œuvres interrogent la manière dont les humains affectent leur environnement et vice versa. Les sites explorés incluent une ancienne mine de plutonium – aujourd’hui la zone la plus contaminée des États-Unis –, le Grand Lac Salé dans l’Utah, à un moment où son niveau d’eau était le plus bas jamais enregistré, et une rivière de Sun Valley, dans l’Idaho, contaminée par l’exploitation de l’argent, ce métal si essentiel à la photographie.
Certaines œuvres sont imprégnées d’une encre tirée de champignons, conférant aux tirages des propriétés régénératrices et de bioremédiation. Alors même que l’eau, notre ressource la plus essentielle, nous alerte sur l’insoutenabilité de notre trajectoire, ces tirages se font gestes de connexion, d’espoir et de réparation.
Meghann Riepenhoff
Lieu
Cloître Saint-Trophime
Exposition produite par les Rencontres d’Arles.
Avec la collaboration de Yossi Milo Gallery.
Encadrement
Circad, Paris
Informations pratiques
Dates du festival : du 6 juillet au 4 octobre 2026
Semaine d’ouverture : du 6 au 12 juillet 2026
Pass toutes expositions : 42 € (tarif réduit : 33 €)
www.rencontres-arles.com/fr














