Rechercher un article

Yan Morvan – Les cinquante ans d’Arles

Preview

Pour tout bagage on a vingt ans
On a l’expérience des parents
On se fout du tiers comme du quart
On prend l’bonheur toujours en r’tard
Quand on aime c’est pour toute la vie
Cette vie qui dure l’espace d’un cri
D’une permanente ou d’un blue-jean
Et pour le reste on imagine
Pour tout bagage on a sa gueule
Quand elle est bath ça va tout seul
Quand elle est moche on s’habitue
On s’dit qu’on n’est pas mal foutu
On bat son destin comme les brêmes
On touche à tout on dit « je t’aime »
Qu’on soit d’la Balance ou du Lion
On s’en balance on est des lions

Leo Ferré – 20 ans

 

Arles fête ses cinquante ans – en 1979 on fêtait le dixième anniversaire et moi le quart de siècle. La photo prenait ses lettres de noblesse et Arles célébrait ses dernières années d’innocence. C’était Agathe gaillard qui avait ouvert la première galerie parisienne, et Jacques-Henri Lartigue qui s’émerveillait devant la venue d’André Kertesz. La photo couleur n’avait pas encore droit de cité, considérée comme trop vulgaire, et le photojournalisme considéré comme propos d’auteur. J’étais l’envoyé spécial du magazine « PHOTO », et m’interrogeais sur les nus féminins de Ralf Gibson, tout en pourchassant Donald McCullin, mon héros.

L’avenir semblait radieux ! Les magazines, rares, utilisaient les photographies, et parfois les photographes, avec respect. On n’oubliait pas de verser les droits d’auteur, la gratuité n’avait pas cours. Les commandes n’étaient pas rares, on pouvait fumer dans les gares, les gens n’étaient pas rivés à leur téléphone, dans leur délire narcissique. C’était il y a quarante ans !

Arles n’avait pas encore vingt ans, et déjà comme dit Leo « Pour tout bagage on a sa gueule Quand elle est bath ça va tout seul ». Elle est comment, sa gueule, à Arles, à cinquante ans?

Yan Morvan

Merci de vous connecter ou de créer un compte pour lire la suite et accéder aux autres photos.

Installer notre WebApp sur iPhone
Installer notre WebApp sur Android