Interstices
Interstices (in-ter-sti-sis) nom : In espace intermédiaire … Entre des choses ou entre les parties d’un corps … ou un intervalle de temps entre deux événements ou actions. Une ouverture étroite, une fente, une fissure.
–Oxford English Dictionary
Dans Interstices, j’explore mon expérience de dix ans avec la maladie de Parkinson (MP), une maladie neurodégénérative pour laquelle aucun traitement curatif n’existe à ce jour. Au fil de cette décennie, j’ai appris à vivre en ayant conscience de la perte progressive de mes capacités motrices et de mon équilibre, ainsi qu’avec les symptômes non moteurs tels que la peur, l’anxiété et la désorientation.
Interstices est ma seconde série dédiée à mon parcours avec la maladie de Parkinson. Dans Sémaphore, j’avais exploré le choc et le changement de ma perspective après mon diagnostic. Aujourd’hui, après dix années de vie avec la maladie, j’observe également la façon dont s’entremêlent et convergent les forces de la maladie et celles du vieillissement.
À travers la photographie, je mets en évidence ces défis intérieurs. Lorsque je prépare une séance ou saisis un instant spontané, mon appareil me donne la possibilité de percevoir le reflet de mes propres luttes pour garder espoir, déchiffrer l’évolution de mes symptômes et résister aux hauts et aux bas émotionnels, en même temps que je connecte avec la lumière et l’ombre.
Récentes recherches montrent que créer et contempler l’art peut avoir des effets positifs sur la santé cérébrale. Je m’appuie sur cette possibilité. Je photographie des découvertes et des constructions inspirées par les oscillations de mes perceptions psychologiques, physiques et spirituelles, afin de renforcer ma résilience face aux nouveaux obstacles devant moi.
Avec Interstices, j’entreprends de naviguer ma vision de l’espace entre aujourd’hui et le moment où mes capacités pourraient diminuer. Cette quête visuelle m’encourage et m’apporte la force nécessaire pour affronter l’incertitude du futur.














