Le miroir psychanalytique de l’identité fragmentée
Ce projet, développé au cours des quinze dernières années, explore et documente le paradoxe de l’introspection. Chaque image est un fragment, une facette, une expérience, où la « vérité » ou l’« authenticité » du soi (si tant est qu’elle existe) n’émerge pas d’une image isolée, mais de l’ensemble, de la multiplicité, de la juxtaposition d’états et d’instants dans le temps.
Dans ce territoire incolore, le visage cesse d’être une apparence et devient une question. Ces autoportraits ne referment pas les blessures ; ils les transforment en langage. Ils ne proposent pas de réponses ; ils manifestent des interrogations. Peut-être, dans cet écho silencieux, le spectateur découvrira-t-il lui aussi que son identité est un miroir fissuré, incomplet… et profondément humain.
Ces images sont des traces dans le temps : angoisse, étrangeté, chaos, hiver, silence, été, etc. En elles, le visible n’est que la partie émergée de l’iceberg ; l’essentiel se joue en marge, dans ce qui n’est pas montré mais ressenti : la texture du doute, la gravité du geste inachevé, le poids d’une ombre qui refuse de se séparer du corps.
Cette approche plurielle du soi est profondément contemporaine, et en son sein réside également une honnêteté élémentaire, née de la tension entre l’intentionnalité et le hasard : l’auteur ne prétend pas savoir qui il est, ne présente pas une identité consolidée et cohérente, mais se montre plutôt en train d’enquêter, de s’interroger, d’explorer, et c’est dans cet état d’enquête que réside la vérité subjective de ces autoportraits.














