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Saint Laurent Babylone : Hugo Mapelli, un pictorialiste de son temps

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Sous le commissariat d’Anthony Vaccarello, une exposition à Saint Laurent Babylone, à Paris, met en lumière le travail du photographe français Hugo Mapelli, dont les expérimentations constituent un hommage poétique à la richesse technique du médium photographique.

Hugo Mapelli appartient à ces photographes dont le langage visuel repose sur une approche sensible et instinctive. En 2019, après avoir assisté plusieurs grandes figures de la photographie de mode, dont le très regretté Peter Lindbergh, il se lance en solo. N’ayant pas suivi de cursus classique, il choisit d’appréhender la photographie en se plongeant dans son histoire, à commencer par ses procédés anciens. Calotypes, cyanotypes, photogrammes : une véritable mine d’or visuelle qu’il s’approprie avec un regard résolument contemporain.

Plus que les recettes techniques, ce sont les gestes des premiers photographes qui le fascinent. Il s’interroge sur la manière de les rejouer aujourd’hui. Dans la chambre noire qu’il s’est construite, il détourne les outils contemporains, notamment les écrans numériques, pour faire naître des images argentiques. Dans l’une d’entre elles, le quadrillage discret des pixels affleure sur un entrelacs de mains. À l’heure où la pellicule est à ses yeux menacée, le photographe se propose de réactiver l’idée même de photographie argentique.

Un photogramme d’empreintes végétales réalisé selon la technique du Lumen, qui exige des conditions très précises de lumière et d’humidité, témoigne de la rigueur qu’il recherche. Pourtant, s’il puise dans les publications anciennes les secrets des pionniers, il ne cherche jamais à les suivre à la lettre. Dans sa chambre noire, Hugo Mapelli dérègle, expérimente et accepte l’accident. Le hasard et l’erreur deviennent des catalyseurs de création.

De ces jeux avec la lumière, les chimies et les pigments naissent des mondes dans lesquels la couleur s’exprime dans une palette plurielle ou des camaïeux d’une grande douceur. Des mondes figuratifs ou abstraits, organiques ou géométriques, dominés par une constante : une poésie dense, traversée d’une certaine sensualité. Celle-ci tient autant au sujet et à son traitement qu’à la matérialité des images, aux qualités haptiques bien palpables. Pourrions-nous la ressentir sur un écran ? Difficilement. Pour Hugo Mapelli, « une image photographique est faite pour le papier », que ce soit le papier glacé d’un tirage ou celui, plus fragile, d’un fanzine. Celui qu’il a imaginé avec Anthony Vaccarello, en marge de l’exposition, prolonge cette exploration : les couleurs y vibrent autrement, se transforment au contact de la page, laissant à nouveau une place au hasard.

En rejouant les gestes fondateurs du médium tout en les hybridant aux outils contemporains, Hugo Mapelli ravive l’esprit du pictorialisme : une photographie pensée comme matière, comme surface sensible et comme espace d’expérimentation.

 

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