Publié par Rocket Science Studios, Moretón, terme espagnol signifiant « bleu » ou « ecchymose », est la première publication du photographe basé à Los Angeles Darren Vargas. Poussé par la mort de son grand-père bien-aimé, Esmael, en 2020, Vargas a documenté le Lee Espinoza Coachella Valley Boxing Club, un club de boxe communautaire à but non lucratif dont le propriétaire, Lee Espinoza, célèbre localement comme le « parrain de la boxe », lui a rappelé Esmael. Un lieu où l’action remplace les mots pour guider et soutenir une communauté largement immigrée dans une région en difficulté du sud de la Californie. Pourtant, Moretón n’est pas une histoire de boxe. C’est plutôt l’histoire de la quête d’un sentiment d’appartenance et d’identité, et finalement de pardon et d’une vie de travail sans attente de retour. Un pourcentage des ventes de Moretón sera reversé sous forme de don au Lee Espinoza Coachella Valley Boxing Club.
Le Lee Espinoza Coachella Valley Boxing Club fut fondé par Espinoza dans les années 1980 afin que son fils puisse pratiquer la boxe, et le club est ouvert au public gratuitement. Lorsqu’il s’installa près de l’hôtel de ville de Coachella, le programme s’épanouit malgré des locaux exigus et peu de soutien financier. L’engagement de Lee envers sa communauté se manifeste à travers les générations qui se sont entraînées là-bas et qui continuent de réussir, dans les affaires, dans leur quartier comme sur le ring.
Comme le dit Vargas de Moretón : « Ce projet n’est pas seulement une réflexion personnelle sur ce que signifie l’héritage et sur la façon dont cela se traduit dans ma propre expérience avec mon grand-père, mais aussi un regard documentaire sur ce que signifie être immigré et construire quelque chose. C’est une réponse à la lutte et à l’adversité, mais aussi une façon de continuer à donner. Lee s’est sacrifié pour créer quelque chose pour la jeunesse de la Coachella Valley. Pour un lieu confronté à la drogue, à la violence, à l’exil et à la chaleur. Un havre dans un endroit particulier. »
Le travail de Vargas prend racine dans une réexamen de sa vie personnelle adolescente et de son expérience d’avoir grandi dans un foyer d’immigrants mexicains non traditionnel. Ses parents ayant divorcé avant sa naissance, Vargas puise dans cette expérience de vies fragmentées et de déménagements constants durant son enfance — Los Angeles, Riverside, Visalia, Orange County, Fresno et Sanger — devant sans cesse recommencer sa vie dans chaque nouvelle ville tout en apprenant très jeune à être responsable.
Enfant, durant les étés, Vargas et son frère étaient emmenés par leur grand-père, Esmael, et leur grand-mère, Jessie, à Indio et dans la Coachella Valley. Jessie et Esmael étaient nés dans ce désert au sein de familles immigrées, et nombre de leurs proches y vivaient encore. Explorant cette région désertique, avec son vent assourdissant et ses lèvres gercées alors qu’il jouait au pied des célèbres dinosaures géants en bordure de route, Dinny et Mr Rex, Vargas a pris conscience que le désert occupait une place bien plus grande dans sa vie qu’il ne l’avait réalisé jusque-là.
« Ce lieu ne porte pas seulement du sens pour moi ; il porte un héritage. L’un des immigrés bâtit quelque chose pour lui-même, pour sa communauté et pour sa famille. Pour moi, la Coachella Valley représente ce que signifie partir de rien et bâtir malgré tout tout ce qui vous entoure. »
La mort d’Esmael en 2020 a confronté Vargas à tout ce que son grand-père avait représenté pour lui et à tout ce qu’il s’était senti incapable de lui dire, par crainte de ne pas être compris et, ultimement, de le décevoir. À l’été 2025, Vargas rencontra Lee Espinoza par l’intermédiaire d’une boxeuse, Jocelyn Camarillo, qui s’entraînait dans la salle de Lee à Coachella. Immédiatement attiré par cet homme âgé, Vargas ne put s’empêcher de retrouver son grand-père disparu à travers ses rides, ses mains rugueuses, sa peau bronzée et un sens du but similaire. Lee fit visiter à Vargas sa salle de boxe, lui racontant les nombreuses histoires et souvenirs dont le club était porteur et les nombreux boxeurs légendaires qui s’y étaient entraînés et y avaient séjourné. Dans son bureau, des bannières d’anciens champions couvrent les murs aux côtés de photographies de Lee avec des boxeurs aujourd’hui célèbres. Des ceintures sous verre, ainsi que des récompenses, trophées et statuettes, sont suspendus aux murs et aux piliers de la salle, parmi d’anciennes affiches et cartes de boxe agrafées aux murs.
Comme l’explique Vargas : « En entrant dans cet endroit pour la première fois… je n’ai pas pu m’empêcher de ressentir ce sentiment écrasant de foyer. C’est la meilleure façon que j’aie de le décrire. Comme lorsque l’on entre dans la maison d’un vieux parent, vous savez, celui avec qui l’on s’entend le mieux mais que l’on n’a pas vu depuis des années, qui vous écoute. L’odeur, les textures, le ressenti. On sent simplement quelque chose de réconfortant. Plus j’y suis retourné, plus j’ai ressenti que c’était vrai. »
« Des enfants venus de tout le désert se rendent dans cette salle. Pour s’entraîner, pour participer, pour observer, pour rencontrer les professionnels qui s’entraînent dans ce même ring à leurs côtés. Pour se construire. Pour rester à l’écart des ennuis. Pour se réconcilier, parfois avec eux-mêmes. »
« Les parents qui amènent aujourd’hui leurs enfants étaient les mêmes personnes à qui Lee a ouvert le club il y a toutes ces années. Lee a eu un impact. Un impact qui ne se reflète pas sur les réseaux sociaux ou les plateformes. Son influence va bien au-delà. On peut le voir dans la salle, chez les professionnels désormais à la retraite qui consacrent leur temps à cet endroit qu’il a bâti. Un immigré venu du Mexique arrivé dans le pays à huit ans qui a créé quelque chose. Quelque chose qui ne peut être reproduit. Un lieu de rassemblement pour les jeunes. Un établissement au service de sa propre communauté et de son quartier. C’est un lieu qui vous ramène à la réalité sur les choix que vous faites et la façon dont vous employez votre temps. »
« Lee a fait la même chose pour moi. Il m’a accueilli chez lui, m’a laissé observer et documenter, sans rien demander en retour. Je lui en suis reconnaissant, et j’espère que ce livre pourra rappeler à Lee qu’il est apprécié pour le travail de toute une vie. »
Darren Vargas est photographe et réalisateur, basé à Los Angeles, en Californie, et travaillant à travers le monde. Il est Méxicain-Américain de première génération, avec des racines à Tepic, Nayarit, au Mexique. Vargas a travaillé en photographie commerciale et éditoriale avec des organisations telles que Capsule Magazine, Champion, Nike, HYPEBEAST, Stella Artois, NOTION, BornXRaised et ATMOS. Moretón est son premier livre et donnera lieu à sa première exposition personnelle.
Darren Vargas : Moretón
Essai : Darren Vargas
Éditeur : Rocket Science Studios
Design : Friend Editions
Édition originale : 200 exemplaires
Format : Couverture souple cartonnée en lin, avec image rapportée en couverture et estampage à chaud au dos
Pages : 98
Dimensions : 20,3 × 25,4 cm
Prix : 60 $ (un pourcentage des ventes de Moretón sera reversé sous forme de don au Lee Espinoza Coachella Valley Boxing Club)














