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Richard Avedon : Journées italiennes à la galerie Gagosian de Rome

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Il est l’un des photographes de mode les plus emblématiques, et les fonds blancs de ses portraits sont une caractéristique indéniable de son style.

Richard Avedon a représenté les gens avec une profonde intensité, les isolant « de leur environnement. Ils deviennent en quelque sorte… symboliques d’eux-mêmes », comme il l’écrivait. Mais son œuvre recèle d’autres productions, d’autres sujets, d’autres modes, peut-être moins connus, comme les photographies qu’il a prises en Italie, à découvrir dans l’exposition que la galerie Gagosian à Rome lui consacre. « Richard Avedon : Journées italiennes », tel en est le titre, offre une comparaison intéressante entre les photographies prises par Avedon en Italie et certains de ses portraits emblématiques.

En particulier, la série Italie (1946-1948), présentée ici dans son intégralité pour la première fois, ainsi que des photographies prises à Rome, Venise et en Sicile. Richard Avedon arriva à Rome en 1946, juste après la fin de la Seconde Guerre mondiale (une période particulière, le pays étant suspendu entre les ruines de la guerre et l’espoir de la reconstruction) et y retourna plusieurs fois au cours de la décennie suivante. Sans surprise, un portrait de lui à la gare de Milan, réalisé par son épouse, ouvre l’exposition.

Les photographies qu’il prit durant ces années furent d’une importance fondamentale pour son approche du portrait. À une époque où le charme des paysages et des monuments contrastait avec les ravages de la guerre, Avedon fut également frappé par l’héritage millénaire de l’histoire et par la découverte dans les rues d’une multitude d’expressions humaines, de la pauvreté et du désir de renaissance, le conduisant à insuffler à chaque image un spectre d’émotions qui resteront caractéristiques de son style. À cette époque comme plus tard, l’être humain était au centre de ses images.

L’exposition suit le fil conducteur idéal qui relie ces photographies « italiennes » à ses œuvres les plus célèbres : des images en dialogue, reflétant des liens entre technique, sujet et composition.

Parmi les correspondances de « Jours italiens », on trouve celle de l’image d’un groupe de fillettes courant sur la place Navone (1946) et le portrait de l’actrice Bette Midler (1971), tout aussi dynamique et spontané.

Ou encore les références formelles et compositionnelles des sujets, l’une étant la dame photographiée sur la place Saint-Pierre à Rome en 1946 (notez l’arrière-plan en haute définition presque évanescent) et l’autre Jacqueline Kennedy à New York en 1958.

Une autre suggestion de recherche, toujours dans le cadre de l’exposition, trace un lien entre la figure dansante d’Italie #8, Palerme, Sicile, 1947, et les images ultérieures du mannequin américain Dorian Leigh posant avec un cycliste sur les Champs-Élysées.

La scénographie de cette exposition, qui met en valeur les liens et les références croisées entre les images, a été conçue par Cécile Degos, également responsable de la scénographie de l’exposition « Iconic Avedon : A Centennial Celebration of Richard Avedon » à Gagosian Paris en 2024.

Les propos d’Avedon, rapportés par Susan Sontag (Sur la photographie, 1977), constituent un guide précieux pour l’exposition romaine : « Les photographies ont pour moi une réalité que les gens n’ont pas. C’est à travers les photographies que je les connais. » Contrairement à d’autres écrivains, comme Nadar (toujours selon Sontag), qui disait de ses portraits de Baudelaire, Dorè, Hugo, Sand, Delacroix et d’autres amis célèbres : « Le portrait que je fais le mieux est celui de la personne que je connais le mieux », Avedon affirmait que ses meilleurs portraits sont ceux de personnes qu’il vient de rencontrer, mais que « c’est à travers les photographies que je les connais. »

Quoi qu’il en soit, pour Avedon, l’instant du portrait, qu’il soit en studio ou dans la rue, comme dans le cas des photos prises en Italie, est le fruit d’une concentration extrême, comme l’explique l’auteur lui-même : « Cette concentration doit venir de moi et les impliquer (les sujets des portraits, ndlr). Parfois, la force est telle que les sons dans le studio deviennent inaudibles. Le temps s’arrête. »

Gagosian représente le travail de Richard Avedon dans le monde entier depuis 2011. Le travail du photographe fera l’objet d’une exposition à la Fondation Henri Cartier-Bresson, à Paris, qui ouvrira ses portes le 30 avril 2025.

Paola Sammartano

 

Richard Avedon : Italian Days
12 mars –17 mai 2025
Gagosian
Via Francesco Crispi 16
00187 Rome
Italy
https://gagosian.com/locations/rome/

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