Les photographies de Sue Parkhill possèdent une poésie immédiate qui vont droit au cœur. Son travail est spontané et instinctif, sensible, pictural dans son usage de la lumière, tout en restant ancré dans une réalité irrésistible et prenante. Chaque image semble fraîchement observée, empreinte d’empathie et d’une tranquille ampleur de vision.
Née et élevée en Australie, Parkhill s’est installée à Londres il y a trente ans à une époque où le seul moyen fiable de s’orienter dans la ville était le célèbre guide A–Z. « Tout le monde en avait un », se souvient-elle. « Il montrait le chemin. Ce travail est mon propre A–Z visuel : des photos prises au fil des années lors de mes voyages en Australie — ma carte personnelle, un enregistrement de la mémoire et du désir, pour que je puisse toujours retrouver ma route. »
Avec un humour subtil et une curiosité sans détour, la photographie de Parkhill explore les gens et le monde changeant qui l’entoure. Elle saisit la beauté fragile de l’ordinaire, trouvant du sens dans des détails fugaces qui passeraient autrement inaperçus. Pour elle, la photographie est à la fois un outil pour se repérer dans la vie et un moyen de l’interpréter — « une extension de ma personnalité », dit-elle. « C’est ce que je suis. »
Les images de Parkhill sont toujours originales, pleines d’esprit et pénétrantes. Son travail a été exposé en Europe, en Amérique du Nord et en Australie. Elle a obtenu un master en arts plastiques au Royal College of Art, a été sélectionnée parmi les PDN’s 30, et a été deux fois nommée parmi les dix meilleurs photographes britanniques par Campaign. Parkhill a également réalisé des commandes pour UNICEF et Farm Africa, et dirigé des ateliers de photographie pour le British Council en Azerbaïdjan et au Nigeria.
Pour A–Z, les images sont nommées et présentées par ordre alphabétique, formant sur le mur des colonnes qui dessinent une ligne longue et organique. Les titres imprimés eux-mêmes composent un poème — un index lyrique qui guide le regard du spectateur à travers cette carte intime de la mémoire.
L’A–Z de Parkhill est, en fin de compte, une cartographie de l’émotion : un voyage à travers les lieux, la mémoire et l’appartenance, et un tendre témoignage du pouvoir de la photographie à nous ramener chez nous.
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