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Phnom Penh Photo 2012 –Danaé Panchaud

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Je suis d'une génération qui n'a pas connu les corps transgressifs, militants, critiques, engagés, des mouvements féministes, ou des artistes, des années 60, 70 ou 80. Le corps que je connais est un corps codifié à l'extrême, que ce soit dans son apparence, sa sexualité, sa santé ou sa jeunesse. Il me semble que nous n'avons plus les mêmes moyens et les mêmes stratégies de réactions, de critiques, voire de défense que les générations précédentes face à la violence entraînée par ces codes aux impératifs souvent contradictoires et les pratiques parfois très invasives qui permettent de s'y conformer. L’engagement et la résistance laissent parfois place, peu à peu, à des stratégies de retrait. C'est cette cassure qui m'intéresse, ce moment de lâcher prise et de repli protecteur. Un état fait à la fois de relâchement, de tension perceptible et d'inconfort, entre absence et expectative... L'autre est maintenu au loin, en dehors de toute intrusion, indésirable, profondément inaccessible. Des corps fragilisés par leur surexposition se replient dans une intimité enveloppante et friable. Chaque personne est photographiée de façon à la geler et à lui donner un aspect sculptural, renforçant le corps comme frontière entre soi et l'autre, alors que sa peau devient une pellicule fragile et marquée. L'image entretient un rapport au spectateur fait de ces ambiguïtés, entre l'attraction des corps exposés, d'une image brillante et glacée, et l'impossibilité de s y projeter.

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