Rechercher un article

Peter Lippmann, Les promises de l’Hiver

Preview

Christian Louboutin et le photographe Peter Lippmann se sont inspirés de chefs-d’œuvres de la peinture classique pour réaliser la dernière campagne du chausseur. Chefs-d’oeuvre de la Renaissance, de l’école néoclassique ou du mouvement symbolique, Peter Lippmann a mis en scène les escarpins dans des répliques de toiles de grands maîtres, tels que Georges de La Tour, James Whistler, François Clouet, Jean-Marc Nattier ou Marie-Guillemine Benoist.

L’idée était ambitieuse voire risquée, et c’était aussi la première fois que le vêtement et le personnage faisaient leur entrée dans l’univers visuel Louboutin. Reproduire ou réinterpréter les oeuvres classiques ? Le parti pris de Peter Lippmann fut de les réinterpréter de manière moderne et très photographique. Challenge réussi, grâce un travail de préparation important, casting, stylisme, décor, lumière, mise en scène… tout a été mûrement réfléchi et aucun détail n’a été laissé au hasard par les deux hommes, conscients du risque, et tandis que l’on retrouve clairement l’esprit des oeuvres originales, les produits se fondent avec harmonie dans la mise en scène sans la dénaturer, la vulgariser ou la discréditer.

C’est un brillant exemple d’anachronisme esthétique et de confusion des genres –peinture classique vs lookbook commercial-, une réussite telle que Peter Lippmann a remporté pour cette réalisation le 1er prix dans la catégorie Publicité de l’AOP (Association of Photographers) délivré à Londres et le 1er prix Mode de l’IPA (International Photography Awards) décerné à Los Angeles. Une réussite artistique telle aussi que ces photographies, bien que purement commerciales, figurent au catalogue de la Galerie Sophie Maree à La Haye.

Peter Lippmann n’en est pas à sa première collaboration avec la marque Louboutin, il a déjà réalisé plusieurs campagnes dont une en 2009 s’inspirant là aussi de la peinture classique dans laquelle les souliers se transformaient en vanités.

Photographe de nature morte depuis trente ans, fasciné par les peintres de nature morte classiques tel que Cézanne, Peter Lippmann était initialement spécialisé dans le food, jusqu’à ce qu’il débute sa collaboration avec le magazine Cartier Art il y a une dizaine d’années, puis plus tard avec le magazine Marie Claire 2. Son champ créatif s’élargit alors à l’imaginaire de la joaillerie et du soulier qui lui permettent d’ « imaginer des mondes qui n’avaient pas de contraintes d’objets “ et de renforcer ainsi l’expansion de son univers créatif.

La deuxième série présentée est un travail éditorial réalisé pour Marie Claire 2, dans lequel il utilise la décomposition de grappes de raisins comme décor pour présenter des bijoux précieux, mise en scène d’une rencontre sublime et purement esthétique qui lui a valu le prix du meilleur photographe au concours annuel du magazine américain Communication Arts.
Cette fois-ci sans bijoux, véritable étude sur le magnifique de la décomposition, cette série de grappes de raisins fera l’objet d’un livre en 2012.

Persuadé qu’elle “va reprendre ses droits”, la nature est une grande source d’inspiration pour Peter Lippmann, un champ créatif brut, riche, noble, sans contraintes et sans frontières, et qu’il soit personnel ou commercial, son travail marque avec force et splendeur la suprématie de cette dame sur les choses.

Multi-talent, fondateur, compositeur et interprète du groupe “Lobotonics”, Peter Lippmann vous convie à son concert de rock acoustique le 9 décembre à 20h30 au bar Le Tempo, 18 Rue Brochant à Paris !


Séverine Morel
severine.morel@lalettredelaphotographie.com

Merci de vous connecter ou de créer un compte pour lire la suite et accéder aux autres photos.

Installer notre WebApp sur iPhone
Installer notre WebApp sur Android