Fraternité et Unité – Sur la route des fantômes de la Yougoslavie
Il faut imaginer une longue bande d’asphalte de 1 170 km de long qui file dans le cœur des Balkans. À l’époque de la Yougoslavie socialiste, l’autoroute de la Fraternité et de l’Unité traversait le pays du nord au sud, sillonnant quatre de ses six républiques : la Slovénie, la Croatie, la Serbie, et la Macédoine.
L’autoroute, construite au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, servait des objectifs économiques mais aussi politiques : il s’agissait d’unifier le jeune pays, tout juste créé, après le conflit mondial. Dans une période de fortes tensions, extérieures comme intérieures.
Après la disparition de l’ex-Yougoslavie, les chemins des anciennes républiques fédérées ont divergé, leurs destins aussi. Pourtant, ce passé yougoslave est toujours bien présent, dans ces pays désormais indépendants.
Je suis allé chercher des traces de ce passé commun le long du parcours de la route, elle qui s’accroche aux pentes des montagnes des Alpes slovènes, file dans des plaines agricoles ou industrieuses de Croatie et de Serbie, et serpente dans les collines arides du sud de la Macédoine, près de la frontière grecque.
J’ai arpenté le tracé de l’autoroute à la recherche de survivances de la Yougoslavie, des traces du précédent régime bien visibles ou occultées, parfois si discrètes qu’elles ne sont plus que des fantômes.














