Rechercher un article

New York: Chris Hondros

Preview

Le titre de ce premier ouvrage posthume de Chris Hondros est bien donné : Testament. Et de fait, c’est une compilation de ses archives collectionnée par sa famille, ses amis, son agence — Christina Piaia, qu’il allait épouser ; Jonathan Klein, de Getty Images ; Greg Campbell, son ami documentariste qui travaille par ailleurs un long-métrage sur la vie et le travail de Chris ; et Régis Le Sommier, éditeur en chef de Paris Match, avec qui il a passé de longues heures d’attente et de chaos dans cette distante guerre qu’était l’Irak. 

En introduction, Régis Le Sommier relate une anecdote qui fait de son collègue et ami un génie de la veine des poètes maudits : il avait dans son sac au moment de sa mort un exemplaire de La Nausée, de Jean-Paul Sartre. Et de fait, Hondros a été couvert de prix, Pulitzer et autre World Press, et était par ailleurs un personnage, avec ses étranges goûts vestimentaires, ses vestes en tweed qu’il n’aurait échangées pour rien au monde, sa maîtrise du piano classique et sa manie de glisser dans ses bagages des CDs pour apprendre différentes langues — langues dont il ne bafouillait guère plus de trois mots, mais dont il aimait la musicalité et auxquelles il se consacrait avec ferveur.

Avec cette approche du monde, Hondros saisissait dans la brutale réalité une étrangeté qui donne à ses images le rare pouvoir d’arrêter le regard. Certaines photographies sont difficile à croire, comme celle, surréaliste, d’une femme inconsciente transportée par la foule à bras levés lors de la campagne présidentielle de George Weah, au Libéria. Elle est en premier plan, gigantesque proportionnellement à la foule, vêtue de blanc comme une sainte, les yeux fermés et le cou ballant, Madone évanouie qui porte les espoirs de tout un peuple. 

Il y a aussi celle de l’explosion simultanée et enflammée d’un missile et d’une balle, qui pourrait être une photo d’Harold Edgerton, quand il faisait dans les années 1930 des expériences sur le mouvement en photographie avec une pomme et une balle de calibre 30. C’était en Lybie, le 14 avril 2011, quelques jours avant sa mort. Et ces balles-là, comme les éclats de mortier, transpercent des corps. Du 20 avril, jour où Hondros a été fatalement blessé, le livre contient deux images. Il était aux côtés des rebelles, dans un univers de flammes et de balles.

Toutes ces images ont été compilées dans cette première proposition de PowerHouse et semblent ne demander qu’à vivre plus et encore sous la forme d’expositions et, pourquoi pas, d’autres livres. Commissaires et amis, à vous ! 

Chris Hondros : Testament
Photographies et textes de Chris Hondros

Edité par Alexandra Ciric, Francisco P. Bernasconi, and Christina Piaia

Introduction de Jonathan Klein
Avant-propos fr : Régis Le Sommier

Postface par Greg Campbell
Editions PowerHouse
160 pages, 45 dollars

Signature de livre:
Le mercredi 9 avril 2014
de 19 h à 21 h

The Powerhouse Arena [Dumbo] 

37 Main Street 
Brooklyn
11201 New York
USA
https://powerhousearena.com/locations/the-powerhouse-arena/

https://powerhousearena.com/events/powerhouse-book-launch-testament-by-chris-hondros-featuring-getty-images/
http://www.powerhousebooks.com/newsletters/131205/
http://amzn.to/1pAsMkN

Merci de vous connecter ou de créer un compte pour lire la suite et accéder aux autres photos.

Installer notre WebApp sur iPhone
Installer notre WebApp sur Android