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Mia Murgese Mastroianni

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Derrière le masque : un monde mystérieux et fascinant

Une fois encore, les masques réaffirment leur fonction apotropaïque, qui consiste à protéger et à éloigner tout mal susceptible de nuire aux personnes, aux foyers où elles vivent, aux terres environnantes et à la nature elle-même — si facilement frappées par des événements défavorables, notamment climatiques. Ainsi, les masques ne sont pas seulement des éléments de défense contre le malheur ; ils possèdent également le pouvoir d’attirer des bienfaits et la bonne fortune sur les personnes et les choses, améliorant ainsi l’existence et les conditions de vie.

C’est avant tout le Sud de chaque nation ou continent qui préserve cette Weltanschauung : une vision du monde plus exposée à la vulnérabilité d’un destin adverse et d’une force divine hostile. Des pays d’Amérique latine à ceux du sud de l’Europe, façonnés par les cultures néo-latines, on observe un phénomène de circulation et de propagation de cette tradition ancestrale. En effet, dès le théâtre grec, les personnages masqués et exaltés — y compris ceux des populations de la Grande-Grèce à Tarente et en Campanie — témoignent du rôle fondamental du masque dans la représentation des personnages dramatiques. Il en va de même pour les masques grotesques « fascenninae », à travers lesquels on pouvait exprimer davantage que ce qui aurait jamais pu être révélé avec un visage découvert : de la moquerie à l’instillation de la peur, et finalement à l’apaisement de la conscience après une vision dramatique de la vie, la guidant vers un état libérateur par la comédie, parvenant ainsi à la catharsis. Cela rappelle les tétralogies grecques composées de trois tragédies et d’une comédie, conçues comme un équilibre homéostatique pour offrir au spectateur à la fois souffrance et humour.

Toute cette phénoménologie n’est pas étrangère au folklore de lieux tels que, dans le cas présent, Aliano. Ici, la tradition ne se traduit pas par des scénographies simplistes ou un sensationnalisme purement circonstanciel ; elle met plutôt en lumière l’importance d’un patrimoine ancien sédimenté qui devrait être revitalisé à travers le prisme de l’anthropologie culturelle. La photographie devient un vecteur indispensable de cet héritage — comme s’il s’agissait d’un Masque parmi les masques — afin que le spectateur ne s’arrête pas à l’image capturée dans le cadre, mais aille au-delà de la pellicule pour explorer cet inconscient collectif jungien d’archétypes et de symboles primitifs, sans lequel le monde risquerait un effondrement de la Connaissance elle-même.

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