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Les Conversations photographiques d’Olympus

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D’habitude, cela se passe aux Rencontres d’Arles aux Ateliers. C’est là que depuis trois ans Olympus expose les dialogues de photographes reconnus avec de jeunes diplômés de l’Ecole Nationale Supérieure de la photographie d’Arles. Pour la première fois, les neuf tandems sont réunis au sein d’une exposition à Paris, à la galerie des Filles du Calvaire, ainsi que dans un livre paru aux éditions Filigranes. Visite guidée et entretien avec Didier Quilain d’Olympus.

Tout commence par un appel à projet à destination des étudiants de 3e année de l’école d’Arles, raconte Fanny Dupechez. A l’issue d’un entretien de trente minutes que je mène avec les candidats, Didier Quilain et moi-même sélectionnons trois élus chaque année depuis trois ans, si bien que l’exposition réunit aujourd’hui dix-huit photographes.

Face aux étudiants : des auteurs qui font référence et qu’Olympus soutient durablement : Jean-Christian Bourcart, Sarah Moon, 
Stanley Greene, Denis Rouvre, Françoise Huguier, Antoine d’Agata, Paolo Woods, Dorothée Smith et Denis Darzacq. Une fois les tandems créés, le principe est simple : choisir une quinzaine d’images et répondre photographiquement à ce corpus en instaurant un dialogue avec le référent.

Pour l’étudiant, le challenge est de taille car, bien sûr, il ne s’agit pas d’imiter le maître. De cette conversation qui s’étale sur trois à quatre mois et qui prend différentes formes en fonction de chacun, naît un travail original en lien plus ou moins direct avec les images du référent. Avec Mathieu Rosier et Jean-Christian Bourcart, il s’agit du sujet : les prostitués et le caché. Jeannie Abert, elle, s’est emparée des images de Stanley Greene pour créer des collages dans la lignée d’un travail qu’elle avait commencé au sein de l’école. En photographiant des architectures urbaines de nuit, Steven Daniel a quant à lui comme donné un cadre de vie aux Cosplayers de Denis Rouvre. De son côté, Santiago Torres a travaillé sur le thème de l’anonymat, tout comme Antoine d’Agata, mais dans une démarche propre pour un résultat radicalement différent. Parfois, les correspondances sont également visuelles, comme Dorothée Smith et Rebecca Topakian, Françoise Huguier et Sajede Sharifi. Elles peuvent être évidentes comme pour Denis Darzacq et Swen Renault ou au contraire surprenantes comme pour Paolo Woods et Elsa Leydier… Au final, ce qui compte, c’est que tous ces regards se complètent et se font écho.

Cette idée du mentor et du jeune artiste est intéressante, conclut Christine Ollier qui a réalisé la scénographie de l’exposition avec Fanny Dupêchez. Et cette démarche de soutien sur le long terme que mène Olympus n’est pas si éloigné du travail de suivi que je mène avec les artistes de la galerie.

EXPOSITION
Echanges de Vues – Les conversations photographiques d’Olympus
Exposition jusqu’au 16 janvier 2016
Galerie Les filles du Calvaire
17 rue des Filles du Calvaire
75003 Paris
France

LIVRE
Echanges de Vues – Les conversations photographiques d’Olympus
Livre édité chez Filigranes, Co-production Ecole nationale supérieure de la photographie d’Arles/Olympus
136 pages, 25,00 €

Le mécénat selon Didier Quilain, président d’Olympus France. Rencontre avec Sophie Bernard.

Qu’est-ce qui caractérise votre partenariat avec l’école d’Arles ?

Depuis le début, Olympus a la volonté de s’inscrire dans le parcours pédagogique de l’école. Ainsi nous menons des actions pour les élèves de première année et pour ceux de fin de cursus, et par ailleurs, nous accompagnons des projets en fonction des circonstances… Au bout de quelques années, nous nous sommes posés la question avec Rémi Fenzy, directeur de l’école et Fanny Dupechey : comment poursuivre ce partenariat ? La possibilité d’apporter une valeur ajoutée en fonction de ce que souhaite faire l’école en matière de pédagogie – et non pas ce que nous souhaitons faire nous-mêmes – nous a paru essentielle.

Après avoir mis les étudiants en situation professionnelle de commande pendant la semaine professionnelle des Rencontres, vous avez décidé, il y a trois ans, d’aller plus loin en proposant à trois d’entre eux chaque année de mener une conversation photographique avec des auteurs confirmés. Un pari audacieux ?

Notre raisonnement a été le suivant : nous avons d’un côté des talents confirmés que nous soutenons sur le long terme chacun selon ses besoins, et de l’autre des jeunes qui en passe d’être diplômés, des photographes en devenir en quelque sorte… L’idée est née de faire se rencontrer les premiers et les seconds pour une confrontation des regards. C’était un pari parce que une des difficultés auxquelles font face les étudiants qui sortent de l’école est de passer d’un environnement protégé et dirigé avec des règles imposées par les professeurs à la vraie vie de photographe. En général, cela passe par une période de creux où il leur faut à la fois savoir se débarrasser de ce qui les a formaté à l’école et savoir le faire fructifier. C’est le moment où leur personnalité doit prendre le dessus. C’est une phase obligatoire plus ou moins difficile à vivre et plus ou moins longue selon les individus. Ces conversations que nous initions sont pour eux l’occasion de mettre en place ce processus.

Quelles sont les règles du jeu des Conversations photographiques ?

Pas facile pour des jeunes diplômés de se retrouver face à des monstres sacrés comme Sarah Moon, Françoise Huguier ou Stanley Greene… Il s’agit pour eux de se nourrir du “père” ou de la “mère” et en même temps de s’en défaire : car bien sûr il n’est pas question de faire “à la manière” de Jean-Christian Bourcart ou d’Antoine d’Agata. Il s’agit de répondre avec sa personnalité en allant dans le territoire de l’autre, et de savoir en sortir… L’exemple le plus typique, est Rouvre et Daniel : d’un côté Denis avec sa série de portraits des Cosplayers et de l’autre Steven qui a photographié des espaces urbains vides de nuit… C’est d’une certaine manière le positif et le négatif.

De manière plus générale, Olympus est partenaire des Rencontres d’Arles depuis bien tôt neuf ans. La fidélité est une des grandes valeurs d’Olympus ?

La fidélité, oui – car nous travaillons dans la durée et dans le respect de nos partenaires. Ce qui nous caractérise également, c’est le fait que nous mettions en place des partenariats interactifs. Nous avons cet avantage, par rapport à d’autres mécènes, d’être nous-mêmes un acteur du monde de la photographie par les appareils. Ce qui fait que nos partenariats ne sont pas purement contractuels – j’achète mon espace, j’ai mon logo – nous enrichissons notre partenariat avec autre chose que de l’argent.

Y a-t-il un style des photographes que vous soutenez ?

S’ils ont tous à un moment donné travaillé avec un appareil Olympus, on ne leur demande pas l’exclusivité… Ce qu’ils ont en commun, c’est qu’ils ont tous un travail de fond. Pour le reste, il y a une diversité de regards, de styles, de démarches et de générations. Mes choix sont intuitifs : j’essaye de sentir l’homme ou la femme derrière le photographe. C’est avant tout une rencontre…

Quel bilan dressez-vous de votre partenariat avec les Rencontres d’Arles ?

Les Rencontres d’Arles sont sans doute le partenariat le plus interactif que nous ayons. C’est une belle aventure. Nous avons commencé avec François Hébel et cela se poursuit – et s’accélère – avec Sam Stourdzé. Depuis deux ans, les conférences avec les photographes que nous organisons font partie de la programmation officielle. Il ne faut pas changer pour changer mais en même temps il faut évoluer avant que les choses ne s’usent… Sans doute notre dialogue avec Sam suscitera d’autres opportunités… Après neuf ans, ce qui ne change pas, c’est notre objectif qui est de poursuivre notre partenariat avec les Rencontres, à la fois avec du contenu et financièrement.

Comment se dessine l’avenir ?

Le groupe reconnaît que c’est dans cette direction qu’il faut aller. Ce travail de mécénat accompli en France depuis 15 ans va se poursuivre… Il faut continuer et ça va continuer… Au mois d’avril, je quitte mes fonctions de directeur France & Belgique-Luxembourg mais je vais poursuivre ces actions de mécénat pour Olympus à échelle nationale, et peut être au-delà.

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