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Le Questionnaire : Sacha Goldberger par Carole Schmitz

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LE GOUT DE LA MISE EN SCÈNE AVANT TOUT

J’ai découvert le travail de Sacha Goldberger au travers de photos tendres et loufoques qu’il a prise de sa grand mère pendant plus de 15 ans (instagram : themamika). C’est en la voyant déprimer à force d’ennui qu’il a décidé de la faire poser  Il y a quelques jours elle est partie rejoindre les anges, elle venait d’avoir 102 ans ! Mais avec les 15.000 clichés qu’il a pris d’elle au fils du temps, il l’a rendu immortelle.

Son gout pour la mise en scène, m’a donné envie d’en savoir plus sur son travail et j’ai découvert des clichés hallucinant qui laissent entrevoir un travail de titan digne de super productions hollywoodiennes où chaque détail compte.

Son moteur, la passion. Son univers, la culture populaire.

Il a fait ses premières armes avec un Rolleiflex, en moyen format : « La meilleure école, car elle est technique et ne laisse que peu de place à l’erreur. » Il fut aussi directeur artistique pendant 15 ans, côtoyant des photographes et des réalisateurs de tous genres. Puis il décida de quitter son travail pour reprendre des études, direction l’école des Gobelins. C’est là qu’il décide de s’attaquer à la photo plus sérieusement. Vont naître alors des séries avec entre autre le personnage de Mamika (sa grand mère avec qui il aura entretenu une relation fort jusqu’à son dernier souffle), qu’il se plaira à transformer en super héroïne. Suivront d’autres séries mettant en scène des héros de tout poil mais aussi d’autres membres de sa famille qui pour lui est primordiale car il est bien plus attaché aux gens qu’aux lieux.

Humble et d’un naturel plutôt discret, l’homme garde beaucoup de recul sur les choses. Il expose actuellement à la Galerie 28 Vignon Street à Anvers la série « 770 Lubavitch of Brooklyn ». Il travaille aussi sur plusieurs projets : « Animan” une série en tirage platine Palladium, « Extra not soterraste » shootée il y a un an à LA et «  I want to believe » réalisée il à quatre mois au Bresil. Parallèlement il prépare deux projets de livres… Affaire à suivre donc !

 

Carole Schmitz : Votre premier déclic photographique ?

Sacha Goldberger : Je devais avoir 8 ans, j’étais à cheval avec Napoléon, il venait de gagner la bataille d’Austerlitz pas loin du jardin des plantes, il portait un costume de salsifis, ou de hotdog je ne me souviens plus c’était il y a bien longtemps… J’ai sorti ma chambre 4 ½ 6, il a repositionné la tranche de salade. « Attention, l’oiseau va sortir ». Le flash est parti. Nous avons attendu, attendu… Aucun oiseau n’est sorti. Nous sommes remontés sur nos chevaux respectifs. Nos chemins se sont séparés. Depuis, pas une lettre, pas un texto, rien. Je me demande ce qu’il est devenu.

 

L’homme d’images qui vous inspire ?

Sacha Goldberger : Edward Hopper, est surement mon photographe préféré, ses peintures sont des films. Alfred Hitchcock, Orson Welles… Citizen Kane.

 

L’image que vous auriez aimé faire ?

Sacha Goldberger : La première photo sur la lune… je l’aurai surement mise en scène. :

« Tourne un peu la tête, très bien… Neil, enlève ce casque, voilaaaaa…

Tu n’arrives pas à respirer ? Concentre-toi, regarde la terre, baisse un peu les yeux… Plus fier…ouiiiiii voilà parfait….

Une chose est certaine, je n’aurai pas pris un sac poubelle…

 

Celle qui vous a le plus ému ?

Sacha Goldberger : Une photo de John Stezaker de titre inconnu que j’ai découvert à l’exposition de « Geste ». Stezaker découpe et mélange des photos d’époque noir et blanc toujours avec une idée forte. Il transforme la photo traditionnelle et joue avec.

 

 

Et celle qui vous a mis en colère ?

Sacha Goldberger : La copie d’une de mes séries faite par un ancien galeriste sous un pseudo avec mon retoucheur de l’époque…

 

La qualité nécessaire pour être un bon photographe ?

Sacha Goldberger : C’est de faire en sorte que l’oiseau qui va sortir ressemble plus à un dragon qu’à un canari.

 

Le secret de l’image parfaite, si elle existe ?

Sacha Goldberger : C’est le truc inattendu qui arrive au moment du shoot sur une image imaginée longtemps à l’avance où on pense qu’il n’y a aucune place pour le hasard.

 

L’appareil photo de vos débuts ?

Sacha Goldberger : Un Rolleiflex… avec une cellule à main et des films 120.

 

Celui que vous utilisez aujourd’hui ?

Sacha Goldberger : Mon vieil Hasselblad 503 CW avec un dos film 4 ½ 6, un Leica M6 argentique et une chambre Alpa 12 SWA. Sus au mode automatique.

 

Votre drogue favorite ?

Sacha Goldberger : Le décalage sous toutes ses formes.

 

Votre plus grande qualité ?

Sacha Goldberger : La digression.

 

Une image pour illustrer un nouveau billet de banque ?

Sacha Goldberger : Jacques Chirac avec un costume de poulet histoire de rappeler qu’il ne faut jamais trop se prendre au sérieux.

 

Le métier que vous n’auriez pas aimé faire ?

Sacha Goldberger : Président de la république ou Casimir, trop compliqué…

 

Votre plus grande extravagance en tant que photographe ?

Sacha Goldberger : D’avoir autoproduit la série Louis CXIV. C’est une production digne d’un film cinématographique. J’ai fait faire tous les costumes sur mesure ainsi que les coiffures. Nous avons aussi dessiné et fabriqué tous les objets futuristes de la série.

Imaginez que le Roi Soleil et sa cour soient les héros d’une saga intergalactique imaginée par eux-mêmes. Vincent Perez, Pierre Richard, Aurélie Dupont, Louise Bourgouin, Amira Casar, Matthieu Chedid, Caterina Murano, David Abiker, Pauline Lefèvre, ma grand-mère Mamika de 101 ans, en tout 25 personnages. Quel casting… Matthieu Chedid a composé 5 morceaux, nous travaillons actuellement sur un parfum pour l’exposition. C’est mon projet le plus dingue.

 

Votre plus grand regret ?

Sacha Goldberger : C’est de ne pas avoir pu photographier Jean Paul Belmondo dans la série La Mortd Louis XIV. Je suis un de ses fan absolu.

 

Facebook, Instagram, TikTok ou Snapchat ?

Sacha Goldberger : Instagram. C’est amusant de se dire qu’on fait des photos de 150 millions de pixels avec des équipes de 70 personnes pour les montrer sur des téléphones portables. En même temps Instagram permet aussi de découvrir les tirages de 15 mètres de haut par 50 mètres de long de la série « Les Compagnons renaissance » rue François premier que nous pouvons ensuite aller voir en vrai.

 

Couleur ou N&B ?

Sacha Goldberger : Noir et blanc avec parfois une pointe de couleur. J’apprends à tirer en platine/palladium, c’est saisissant.

 

Lumière du jour ou lumière artificielle ?

Sacha Goldberger : Un peu des deux.

 

Si Dieu existait lui demanderiez-vous de poser pour vous, ou opteriez-vous pour un selfie avec lui ?

Sacha Goldberger : Je lui demanderais sans aucun doute de poser pour moi. Je pense que je négocierais pour qu’il se rase, et je lui demanderais de poser nu avec une pomme. Je rajouterais une feuille de vigne pour pouvoir poster la photo sur Instagram…

 

L’image qui représente pour vous l’état actuel du monde ?

Sacha Goldberger : « E-vacuum », une photo de la série « I want to believe ».

Roswell s’est écrasée sur terre, il passe l’aspirateur dans le désert.

Une image apocalyptique avec une pointe d’humour. Il serait peut-être temps de faire un peu le ménage sur notre planète…

 

Website : sachagoldberger.com

Instagram : sachagoldberger

 

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