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Le Questionnaire : Clarisse Debout par Carole Schmitz

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Un regard lucide mais poétique sur le monde

Depuis sa plus tendre enfance Clarisse Debout vit entourée d’artistes qui lui ont permis d’avoir un regard différent sur le monde. Elle a ainsi, très tôt, su que son itinéraire ne serait pas ordinaire. Après avoir étudié la mosaïque romaine et byzantine à Paris puis à Ravenne en Italie, elle se lance dans la production de spectacles, avant de se décider enfin à vivre de sa passion : LA PHOTOGRAPHIE.

Tout commence avec Noody (Oui-Oui en français), le doudou de son fils qu’elle met en scène au gré de ses voyages. Mais très vite son sens de l’obervation l’entraine sur d’autres sentiers. Par timidité et par pudeur, elle se “contente” au départ de ne faire que quelques rares photos d’humains, ” Très hypocritement, c’est à dire de loin sans qu’ils s’en aperçoivent” précise-t-elle amusée. Elle aime l’instantané, la spontanéité, des choses qu’elle ne retrouve pas dans l’exercice du portrait, qu’elle trouve trop figé, trop préparé. Elle aime l’inattendu, la surprise, raconter des histoires à travers ses images.

​A ses yeux la beauté est un état de grâce qu’elle s’applique à réinventer sur papier glacé.

Visionnaire et toujours à l’affut de nouvelles techniques, elle s’intéresse rapidement à la photographie 3.0 qui offre à son talent un vaste champs des possibles. Elle impose ainsi son style et son esthétisme dans la communauté du “Mobile Art”, au travers d’œuvres où se mêlent féminité et émotions. Ses images sont créatives, et esthétiques. Son téléphone portable lui permet de saisir des instantanés. Paysages, photos de rues au fils des saisons, animaux, elle s’empare de tout ce que croise son regard, elle capture les détails et les émotions. Son but : présenter le monde sous un angle différent, celui que l’on ne prend plus le temps de regarder tant nous sommes dans une perpétuelle urgence, ainsi ses images deviennent des tableaux à lecture multiple et nous interpellent.

Pour ce faire, la photographe mélange les combinaisons d’applications mobiles et joue avec les filtres, les atmosphères, les cadrages, les textures et les éclairages. Déjà récompensé par plusieurs prix à travers le monde, son travail est méticuleux et précis, authentique, intemporel et plein de poésie. A suivre donc…

 

Votre premier déclic photographique ?

Clarisse Debout : Enfant, mes parents avaient pas mal d’amis photographe ( Luc Fournol, Marianne Haas, Marc Hispar, Roger Prigent ). Tous, me prenaient souvent en photo alors que moi je détestais cela. En revanche, j’étais fascinée par leurs appareils qui à la fois me faisaient très peur et m’intriguaient. J’avais l’impression qu’ils nous permettaient de voir tout ce qui ne se voyait pas à l’oeil nu, et surtout qu’ils parvenaient à capturer nos pensées les plus secrètes et notre âme aussi.

L’homme d’images qui vous inspire ?

Clarisse Debout : Man Ray. J’aime son coté coté non académique. Il cherchait à faire autre chose que de la photo en faisant de la photo. Et puis ses images sont empruntes de poésie et de surréalisme… tout ce que j’aime.

L’image que vous auriez aimé faire ?

Clarisse Debout : La photo « Lever de terre » faite William Anders  en 1968

Lever de Terre / Earthrise © William Anders, NASA 1968

Celle qui vous a le plus émue ?

© Franck Fournier

Clarisse Debout : La petite fille colombienne Omaira Sanchez photographiée par Franck Fournier journaliste français. Elle était bloquée dans un trou après l’éruption d’un volcan , passant 3 jour devant les caméras des journalistes du monde entier qui assistaient totalement impuissants à ce drame insensé ! Le courage incroyable de cette enfant m’aura marqué fortement et encore aujourd’hui je pense à elle.

Et celle qui vous a mis en colère ?

Clarisse Debout : La photo d’un petit singe terrorisé par son dresseur qui lui montre son fouet ! Je ne me souviens plus de son auteur mais cette photo m’a bouleversée et me hante encore, elle représente toute l’arrogance, le mépris, la cruauté et la bêtise de l’homme dominant le monde animal, c’est à dire la nature, la vie !

Monkey Training for a Circus © Yongzhi Chu

La qualité nécessaire pour être un bon photographe ?

Clarisse Debout : L’instinct

Le secret de l’image parfaite, si elle existe ?

Clarisse Debout : La chance

L’appareil photo de vos débuts ?

Clarisse Debout : D’abord un Nikon F 401, puis un petit Leica compact, le M8.

Celui que vous utilisez aujourd’hui ?

Clarisse Debout : M’étant depuis quelques temps spécialisée dans le « Mobile Art », j’utilise essentiellement mon iPhone 11 Pro.

Votre drogue favorite ?

Clarisse Debout : Shooter !

Votre plus grande qualité ?

Clarisse Debout : L’ empathie !

Une image pour illustrer un nouveau billet de banque ?

Clarisse Debout : La covid 19 pour nous rappeler à quel point un petit virus aura peut-être changé notre façon de vivre !

Le métier que vous n’auriez pas aimé faire ?

Clarisse Debout : Comptable !

Votre plus grande extravagance en tant que photographe ?

Clarisse Debout : Photographier  le jouet de mon fils à travers le monde afin qu’il ait un souvenir de sa maman, de son enfance et n’oublie pas le petit garçon qu’il était.

Votre plus grand regret ?

Clarisse Debout : Aucun

Instagram, Facebook, TikTok ou snapchat ?

Clarisse Debout : Instagram et Facebook

Couleur ou N&B ?

Clarisse Debout : Couleur

Lumière du jour ou lumière artificielle ?

Clarisse Debout : Lumière du jour

Si Dieu existait lui demanderiez-vous de poser pour vous, ou opteriez-vous pour un selfie avec lui ?

Clarisse Debout : Je ne suis pas très selfie, mais j’adorais prendre Dieu en photo !

L’image qui représente pour vous l’état actuel du monde ?

Clarisse Debout : L’image de cet ours polaire tout maigre sur ce qu’il reste de la banquise !

© Kerstin Langenberger

 

Instagram : clarisse_debout

 

 

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