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Johnny Tergo

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Citoyen américain né en 1977 d’immigrants croates, Johnny Tergo vit et travaille à Los Angeles avec sa femme et ses quatre enfants. Sa carrière de travailleur dans le bâtiment le conduit à se déplacer avec sa camionnette aux quatre coins de la ville et à arpenter ses quartiers. Depuis son Chevy Silverado transformé en ingénieuse chambre noire techno déclenchée par automatisation qui saisit le réel avec surprise, les trottoirs deviennent le thêatre de la petite vie qui s’y déroule avec forte modestie.

D’où vient votre photographie ? J
e suis passionné par la photographie depuis aussi longtemps que je puisse me souvenir. Je ne peux me rappeler un moment où je n’avais pas accès à un appareil, à des livres photo, ou à des manuels techniques. Je suis un crack pour tout ce qui concerne la technologie et l’information. J’ai travaillé dans l’industrie photographique pendant longtemps en tant qu’assistant des meilleurs photographes du monde. Vivre et travailler à Los Angeles m’a exposé à ce qui se faisait de mieux dans le monde du cinéma et de la photographie. J’ai eu l’opportunité de jouer avec tous les équipements que j’ai pu désirer. J’ai appris comment éclairer et équiper de grosses productions avec des électriciens et des machinistes parmi les meilleurs du monde.

Quand a lieu l’instant décisif pour vous ?
Le moment décisif survient quand tous les éléments nécessaires de chaque image prise individuellement sont réunis simultanément pour obtenir le résultat désiré. Chaque image a un but précis et selon cette intention, l’équipement requis varie. Les lumières, le plateau, la coiffure, le style, le maquillage, tous ces éléments et d’autres encore peuvent être nécessaires. Toutes les composantes de l’image doivent être correctement agencés avant que vous ne puissiez communiquer l’intention souhaitée. Avec un projet intitulé Passenger Side Window, il y a beaucoup de variables incontrôlables. Je voulais concevoir un moyen de contrôler autant de paramètres que possible pour faire des images utilisables. Puisque le projet impliquait de prendre des images depuis un véhicule, j’ai créé une plate-forme depuis laquelle je pouvais contrôler trois éléments clés de l’image finale.
#1) La sécurité – M’assurer que ma conduite n’était pas gênée et que je ne créais pas de danger pour les piétons ou les autres conducteurs était mon principal souci quand j’ai mis au point ce studio mobile.
#2) Le point de vue – Je pensais qu’il était nécessaire de maintenir un point de vue constant pour l’intégralité du projet.
#3) L’éclairage – Mes sujets se trouvaient dans différents espaces, sous diverses conditions lumineuses. J’avais des générateurs pour compléter la lumière ambiante si nécessaire. Quand ces trois composantes sont prêtes et que j’ai trouvé le bon sujet, le bon environnement, et que j’éprouve cette impulsion dans mes tripes, j’ai mon moment décisif.

Qu’est-ce qui a inspiré votre travail/votre série ?
Passenger Side Window
a été conçu dans le même espace où il a été créé, dans mon camion. Je suis constamment sur la route à faire la navette entre différents jobs. Souvent sur de longues distances et pour de longues durées. Je vois souvent des gens marcher dans la rue et je me dis « Mec, ça ferait un portrait formidable ! » L’interaction entre l’environnement et les individus qui l’occupent me fascine. Les gens se retrouvent souvent dans des espaces qu’ils apprécient.

Quel lien y a-t-il entre votre travail commercial et votre travail artistique ?
C’est le travail personnel qui conduit souvent au travail commercial. Les clients aiment voir votre capacité à concevoir et à suivre une idée ou un concept.

Une priorité : une grande campagne de publicité ou exposer en galerie ?
J’ai l’impression que c’est une question piège. D’un côté, j’adorerais avoir une exposition dans une grande galerie, et de l’autre, j’ai quatre enfants qui recueilleraient les bénéfices immédiats d’une grande campagne de publicité.

L’expérience du monde a incroyablement changé, sa représentation a évolué ; le numérique devient-il indispensable dans le processus de création photographique ?
Oui, le numérique est et a été inévitable depuis un bon moment maintenant. Même si le processus d’un photographe implique de passer exclusivement par de l’argentique, ses images rencontreront généralement sous une forme ou une autre le médium numérique à un point de la procédure. Au moins au moment de leur présentation s’il s’est débrouillé pour l’éviter avant. La pellicule n’est pas morte. Il y a une pléthore d’images photographiques formidables toujours produites en argentique, mais il y a aussi des impressions au collodion humide réalisées encore aujourd’hui. L’argentique est devenu une alternative plutôt que la norme.

Propos recueillis Séverine Morel

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