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Jean Warêgne

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Hommage à Jean Warêgne

Photographies réalisées au Sahara et en Afrique entre 1949 et 1953.

Mon père Jean Warêgne a réalisé en sa qualité de spécialiste à l’Institut géographique militaire de Belgique (IGM- devenu ensuite IGN- Institut géographique National) une série de missions cartographiques en Afrique (ex Congo belge- actuelle RDC). Le but de ces missions était d’établir une carte du Congo sur base de la technique de la stéréoscopie des photos aériennes réalisées lors de vols en DC3 équipés d’appareils spéciaux. Il participa à 4 missions : 1949, 1950, 1952 et 1953 .
Les vols de Belgique vers l’Afrique se faisaient en DC3 militaires (DC4 en 1953) sommairement équipés. L’autonomie étant assez restreinte, les vols étaient interrompus par de nombreuses escales : en 1949 par exemple le DC3 quitta Bruxelles (la base militaire de Melsbroek) pour rejoindre Alger, Aoulef (Algérie), Gao (Mali), Kano (Nigeria), Fort-Lamy (N’Djamena-Cameroun), Libenge (RDC), Coquilhatville (Mbandaka-RDC), Léopoldville (Kinshasa-RDC) et Elisabethville (Lubumbashi-RDC). Le retour se faisait généralement par Stanleyville (Kisangani-RDC), Bangui (capitale de République centrafricaine) puis Fort-Lamy et ensuite les mêmes escales vers Bruxelles. Les missions duraient environ 3 mois.
Lors de ces escales et lorsque l’horaire le permettait, mon père, équipé de son appareil Rolleicord 6×6, parcourait les marchés ou les villages afin de saisir la vie de ces lieux très éloignés de l’Europe. Son Rollei avait été modifié pour permettre des prises de vues en 4×4 cm ce qui permettait avec un rouleau de pellicule noir et blanc d’emmagasiner quelques photos de plus. J’ai retrouvé récemment un album ancien qui avait été conservé par ma mère avec des tirages contacts : les photos originales sont donc de très petites dimensions. Elles ont été scannées par mes soins (à 600 ppp) puis recadrées et retouchées légèrement pour éliminer les poussières ou les petits dégâts dus au temps .
Ces photos sont un témoignage incontestable des sociétés de ces années lointaines de la moitié du XXème siècle. Elles dégagent me semble-t-il une grande humanité, les personnages fixant généralement l’objectif avec intérêt et curiosité dans un regard croisé entre eux et le photographe.
C’est là probablement le reflet d’une époque pendant laquelle le tourisme n’avait pas encore laissé d’empreintes indélébiles sur le monde.
La photo permet ainsi de garder la mémoire de ces personnes disparues et que mon père a connues. Je pense à lui et à elles, tous engloutis par l’écoulement inexorable du temps mais témoin chacun de leur propre existence.

J-M Warêgne-Bruxelles-2026

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