IN-DEPENDANCE par IBASHO présente Le Rêve Circulaire, une exposition personnelle du photographe et artiste visuel français Laurent Millet.
Laurent Millet (1968, Roanne, France) mêle la photographie à la sculpture, au dessin et à l’installation. Plutôt que de documenter directement le monde, il construit des objets, des formes architecturales et des « machines » poétiques, qu’il photographie ensuite dans son studio ou dans des environnements naturels. L’oeuvre de Millet explore la frontière entre réalité et représentation, ainsi que le jeu entre volume, espace et surface.
L’artiste recourt souvent à des procédés photographiques historiques ou artisanaux, tels que l’ambrotype, le cyanotype, le tirage sur papier salé et le tirage gélatino-argentique, conférant à ses images une qualité intemporelle et tactile. Dans Le Rêve Circulaire, Millet réunit les oeuvres de ses deux séries : Somnium et L’Astrophile.
Somnium, une méditation sur le cosmos
Nommée d’après l’ouvrage du même titre de l’astronome allemand Johannes Kepler, publié pour la première fois en 1634, la série puise son inspiration conceptuelle dans l’un des premiers textes de proto-science-fiction. Le texte de Kepler imagine un voyage vers la lune comme une manière de repenser la place de l’humanité dans le cosmos. Millet n’illustre pas directement le livre. Il en réactive plutôt l’esprit d’enquête et de spéculation.
La série se compose de constructions soigneusement mises en scène : fragiles maquettes architecturales, instruments de mesure, formes géométriques suspendues et assemblages sculpturaux évoquant des expériences scientifiques. Photographiés dans des dispositifs maîtrisés, ces objets paraissent à la fois empiriques et imaginaires. Ombres, fils et supports délicats restent souvent visibles, soulignant l’artificialité de la scène et l’effort humain qui sous-tend la production du savoir.
Somnium devient une méditation sur l’observation. Plutôt que de présenter le cosmos lui-même, Millet montre les outils et les cadres mentaux à travers lesquels nous tentons de le saisir. Les photographies flottent entre laboratoire et rêve, suggérant que la science et l’imagination ne sont pas des opposés, mais des modes d’exploration étroitement liés.
L’Astrophile, une réflexion sur la curiosité humaine
Avec L’Astrophile, qui se traduit littéralement par « amoureux des étoiles », Millet approfondit sa réflexion sur la fascination de l’humanité pour le ciel. Des formes télescopiques, des dispositifs optiques, des miroirs et des diagrammes cosmiques apparaissent dans les images, mis en scène comme les reliques d’un observatoire ou les fragments d’expériences oubliées. Les oeuvres suggèrent à la fois la précision et la vulnérabilité. Les instruments conçus pour mesurer d’immenses distances semblent délicats, presque provisoires. En mettant ces dispositifs au premier plan, Millet détourne l’attention de l’imagerie astronomique spectaculaire pour la ramener à l’échelle intime et humaine de la curiosité. L’univers n’est pas montré directement – il est suggéré par des traces, des alignements et des constellations symboliques.
À travers les deux séries, la pratique de Millet peut être comprise comme une archéologie poétique de la science. Il reconstitue les gestes, les rêves et la culture matérielle de la recherche astronomique, révélant comment notre compréhension du cosmos est façonnée par des objets fragiles, une mise en scène minutieuse et des actes de foi envers ce qui ne peut être pleinement vu.
Laurent Millet a reçu plusieurs distinctions majeures, dont le prix Nadar (2014) et le prix Niépce (2015). Il a exposé dans de nombreuses institutions prestigieuses, notamment aux Rencontres de la Photographie d’Arles. Son oeuvre figure également dans d’importantes collections publiques et privées, telles que l’Art Institute of Chicago, le San Francisco Museum of Modern Art (SFMOMA), le Museum of Fine Arts Houston, le Fonds national d’art contemporain, Photo Elysée, la Maison Européenne de la Photographie et la Bibliothèque nationale de France. Millet vit et travaille à La Rochelle et enseigne à l’École supérieure des beaux-arts d’Angers. En cette année qui marque le 200e anniversaire de la photographie en France, il fait partie d’un groupe de photographes contribuant à un projet spécial du Centre national des arts plastiques (Cnap).
L’exposition Le Rêve Circulaire sera présentée du 21 mars au 3 mai 2026 à IN-DEPENDANCE by IBASHO à Anvers. Le vernissage aura lieu le samedi 21 mars de 14 h à 18 h. L’artiste parlera de son travail à 15 h et sera présent tout au long de l’après-midi pour signer des exemplaires de son livre d’artiste L’Astrophile ou le Rêve Circulaire (une coproduction entre IBASHO et the(M) éditions).
Laurent Millet – Le Rêve Circulaire
21 mars – 3 mai 2026
IN-DEPENDANCE by IBASHO
Waalsekaai 59
2000 Anvers, Belgique
https://in-dependancegallery.com/














