Son nom : Jean-Noël Duru.
Son exposition Fins de journées est présentée jusqu’au 18 octobre à la Galerie Ex Nihilo de Grenoble.
Il nous a envoyé son texte.
On peux dire que j’ai toujours été plutôt attiré par les choses qui ne sont pas du registre du « tape-à-l’oeil », du clinquant joliment coloré et décoratif. De ces oeuvres bien léchées qui donnent tout au premier regard. J’aime à retrouver les traces d’étrangeté où mon esprit semble trouver un tunnel dans lequel voyager. Je ne cesse d’observer le visible, de le reconstruire et l’arranger à ma façon pour mieux l’interpréter.
Étrange alchimie du fantasmatique et de la réalité qui fait naître un univers à parcourir comme un roman noir dont les histoires s’entrecroisent.
Je pense qu’il relève de mon travail de plasticien de produire des images nécessaires à la rêverie, à l’émotion et à la provocation. Des images qui partagent le rire, la colère, la tendresse, la violence, le sexe, la beauté, la mocheté… des images-miroirs tendues à la société. J’aime à réinventer le réel.
J’avais dix ans lorsque J’ai commencé à réaliser des photomontages. Je récupérais les revues, journaux et catalogues des parents dans lesquels je découpais aux ciseaux les personnages, décors et accessoires que je mettais en scène sur différents plans en les collant sur du carton. j’ai ressenti que c’était un langage pictural qui avait du sens pour moi, que je pouvais utiliser pour communiquer mes histoires, exprimer ma propre réalité du monde.
Les images ont potentiellement des significations et des résonances différentes pour chacun de nous. Le tableau n’est complet que lorsque le spectateur y apporte son propre regard et saisit comment un seul cliché – un moment figé – peut se transformer en une histoire émouvante.
La photographie est depuis ses origines aux prises avec une dualité intrinsèque entre l’objectivité supposée et le parti pris subjectif. Mon travail se situe au sein de cet entre-deux, entre une approche documentaire et une fiction de l’atmosphère et du bizarre du quotidien. Une forme de narration par suspension et suggestion.
Aucune des images de chaque série n’a été conçue par Intelligence Artificielle (IA). Tous les personnages, paysages, animaux et éléments de mise en scène sont réels.
Jean-Noël Duru
Né le 25 décembre 1951
À Chantilly, Oise
École des beaux-arts de Grenoble de 1968 à 1973 puis travaille comme plasticien et scénographe de théâtre et de musée.
Depuis 2020, se consacre uniquement à produire des images en série.
En noir et blanc et en couleur.
www.jeannoelduru.com
Galerie Ex Nihilo
8, rue Servan
38000 Grenoble
www.exnihilogallery.org














