Galerie Eigenheim Weimar présente l’exposition DOOM TIME – doom-scrolling, negative bias and social impacts.
La première exposition annuelle de la galerie propose une analyse acérée d’un problème en explorant le doomscrolling, le biais de négativité et l’influence profonde des réseaux sociaux sur nos perceptions, nos émotions et le débat public. DOOM TIME — une exposition collective immersive, sombre et dystopique, qui crée un espace volontairement rebutant et vous assaille d’une surcharge sensorielle. Elle suscite peur, épuisement et malaise reflétant l’épuisement émotionnel provoqué par le flot incessant de nouvelles négatives et le doomscrolling sur les réseaux sociaux.
À l’occasion de cette exposition, Susanne Junker présente une installation photographique in situ issue de la série « Figure for the Base of a Crucifixion », avec les œuvres „R U on IG ?“ (2023), „TikTok“ (2025), ainsi que deux œuvres toutes nouvelles, „Tradwife“ (2026) et „The Matrix“ (2026).
Dans ses œuvres les plus récentes de cette série au long cours, elle explore la communication numérique sur les réseaux sociaux, la représentation des femmes et les enjeux contemporains liés à la sexualité. Elle utilise des émojis et des extraits de messages de sexting, de vidéos TikTok et de REELS, ainsi que des citations d’influenceurs, qu’elle imprime puis colle sur son corps afin de les transférer du monde numérique au monde physique. Son corps agit comme une surface de projection pour des pratiques issues du monde virtuel et rend visible un langage omniprésent. Cela accentue délibérément le contraste entre les émojis colorés, les textes intrusifs et le corps féminin, qui n’est plus rien d’autre qu’un espace publicitaire.
Figures for the Base of a Crucifixion #26 et #27 – “R U on IG?” (2023) explorent les échanges numériques autour de la sexualité, du désir et du manque ce que l’on appelle le sexting. Le corps, submergé par des messages pornographiques, devient une simple enveloppe, révélant l’intimité promise comme une profonde aliénation et une interchangeabilité totale. La vue de dos de “Figure #27 – R U on IG?”, inscrite de la phrase “I just kissed my screen,” suscite un sentiment obsédant de désorientation et de solitude absolue, tandis que la vue de dos de la figure #26 — avec sa bulle “So What!” exprime une indifférence saisissante.
Dans l’œuvre “Figure for the Base of a Crucifixion #28 – TikTok” (2025), l’attention se porte sur le harcèlement misogyne ici issu de la campagne électorale américaine de 2024 avec des inscriptions telles que “Your body. Our choice.” “We control bodies.” “Your stupid face” “We will keep you down forever.” Pourtant, la vue de dos, marquée “Bitch Mode ON,” signale une résistance féministe combative.
L’œuvre “Figure for the Base of a Crucifixion #29 – The Matrix” (2026) révèle le langage de la manosphère cet univers parallèle de jeunes hommes tels que les MRAs (Men’s Rights Activists), les PUAs (Pick-Up Artists), les incels (célibataires involontaires) et les MGTOWs (Men Going Their Own Way). Ils prétendent que toutes les femmes sont hypergames et que les hommes sont opprimés par le féminisme, alimentant des fantasmes de dégradation, d’assujettissement et de domination des femmes comme le montrent des déclarations telles que “I love to rape you!”
Dans l’œuvre “Figure 30 – Tradwife” (2026), l’artiste examine l’univers apparemment parfait des femmes au foyer chez les Tradwives (femmes traditionnelles), promu par d’innombrables influenceuses qui fabriquent tout “from scratch” célébrant la confection du pain et la maternité auprès de leurs abonnés tout en normalisant une vision du monde conservatrice et d’un autre temps. Pour elles, cependant, c’est un modèle économique lucratif.
Les œuvres photographiques montrent des vues de face et de dos, devenant ainsi des sculptures photographiques qui « font obstacle ». Il faut tourner autour d’elles — elles sont délibérément inconfortables.
Artistes participant·e·s : Anna Bittersohl, Aram Bartholl, Simon Baumgart, Jonas Blume, Benedikt Braun, Elisa Jule Braun, Paolo Cirio, Ben Grosser, Esra Gülmen, Susanne Junker, Philipp Kummer, Marc Lee, Kayla Mattes, Signe Pierce, Theresa Rothe, Michal Schmidt, Stefan Schiek
DOOM TIME – doom-scrolling, negative bias and social impacts!
15 mars – 25 avril 2026
Galerie EIGENHEIM Weimar
Asbachstraße 1
99423 Weimar, Allemagne
https://www.galerie-eigenheim.de/exhibitions/doom-time-doomscrolling-negativ-bias-und-soziale-f/
Susanne Junker
www.susannejunker.com














