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dienacht Publishing : Roxana Savin : On Heaven’s Doorsill

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La nouvelle série photographique et la monographie de Roxana Savin, On Heaven’s Doorsill, naissent d’un espace profondément intime tout en explorant la mythologie, les contes populaires et les traditions ancestrales de la Roumanie rurale — un monde façonné par la tradition, l’imagination et un lien profond à la nature, où elle est née et a grandi. Elles s’inspirent de la grand-mère de Savin, Alexandra, qui a vécu toute sa vie dans un village roumain où le temps se mesurait au rythme des saisons et où le quotidien s’accordait aux anciens cycles du paysage.

Une nuit, longtemps après être devenue veuve, Alexandra rêva que son défunt mari lui apparaissait. Lorsqu’elle demanda : « Es-tu venu me faire passer de l’autre côté ? », il répondit : « Pas encore. Je reviendrai te chercher au moment des récoltes. » Et ainsi, elle attendit. Les feuilles devinrent d’or, le foin fut coupé, et les champs se gonflèrent de maturité. Au temps des récoltes, elle franchit les portes de l’autre côté et le rejoignit.

À travers une exploration visuelle de croyances enracinées dans la tradition orale, les coutumes ancestrales et des rituels rendant hommage aux défunts — offrant à la fois réconfort et malaise — On Heaven’s Doorsill étudie et fait résonner la frontière poreuse entre les vivants et les morts, ainsi que l’espace liminal qui les sépare. Les images de Savin brouillent les lignes entre le quotidien et le mystique, tandis que l’ordinaire se charge d’une qualité inquiétante.

En Roumanie, où, malgré son statut orthodoxe, persistent d’anciennes traditions et coutumes préchrétiennes dédiées au souvenir des morts, Savin entretient elle aussi une communication continue entre les vivants et les morts. La couverture de On Heaven’s Doorsill présente une image faisant référence à une ancienne danse funéraire — le Chipărușul. Unique en Europe, cette tradition se déroule dans la région montagneuse roumaine de Vrancea et implique des personnes masquées et enchaînées, issues de la communauté du défunt, sautant par-dessus un feu afin de purifier l’âme du disparu, de la guider sur le chemin de la transcendance, tout en repoussant les esprits malins. Le livre se referme, sur la quatrième de couverture, sur l’image d’une femme portant un foulard traditionnel roumain, une référence explicite à sa grand-mère. Les images de Savin évoquent ainsi la danse elle-même et le cycle naturel de la vie et de la mort.

Revenant sur son enfance, elle écrit : « Le quotidien était étroitement tissé aux rythmes de la terre et à la sagesse de ceux qui nous avaient précédés. Les gens, les animaux, le changement des saisons, et même les esprits partageaient le même espace, façonnant notre manière de comprendre le monde. J’ai vu comment les coutumes, les récits et les croyances, transmis de génération en génération, influençaient chaque aspect de la vie dans notre communauté. Ils jalonnent les rites de passage, le calendrier agricole, les pratiques de guérison, et constituent des réponses aux crises et aux malheurs. »

Les souvenirs personnels de Savin liés au village de ses grands-parents et aux rituels — dont la pratique profondément ancrée de la pomană, l’aumône — revêtent une grande importance et se prolongent dans d’autres coutumes et traditions en Roumanie. Plus qu’un simple rite, la pomană est un geste de compassion accompli en mémoire des défunts, marqué par des offrandes sacrées principalement composées de nourriture, de pain, de vin et de bougies. Savin accompagnait souvent sa grand-mère tôt le matin, portant la pomană jusqu’au cimetière, silencieusement rejointe par d’autres villageois avec leurs propres offrandes. On croyait que le lien entre les vivants et les morts ne s’arrêtait pas à l’enterrement. Sa grand-mère pensait que le voyage de l’âme après la mort dépendait de la participation des vivants : sans leurs prières, leurs offrandes ou leur souvenir, les défunts ne pouvaient trouver la paix.

Pour Savin, « La persistance de ces traditions fait office de pont entre passé et présent, vie et mort, et renforce un sens de la communauté qui ancre ses habitants dans quelque chose de bien plus ancien et plus vaste qu’eux-mêmes. Ces croyances, ces rites et ces récits mythiques sont le socle de mon identité spirituelle et culturelle, m’enracinant dans une vision du monde qui dépasse l’individu. Bien que mes grands-parents, qui incarnaient ces modes de vie, aient disparu, et que moi-même me sois depuis longtemps éloignée de cette terre, leur présence et l’esprit de ce monde continuent de vivre dans ma mémoire. »

 

Roxana Savin : On Heaven’s Doorsill
Photographies et texte : Roxana Savin
Éditeur : dienacht Publishing
Conception graphique, concept et édition : Calin Kruse et Yala Kruse
Première édition : 500 exemplaires
Format : couverture rigide
ISBN 978-3-946099-38-3
Prix : 42,00 € + frais d’envoi
https://www.dienacht-magazine.com/publishing

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