Katia Kameli
Née en 1973 à Clermont‑Ferrand, France. Vit et travaille à Paris, France.
Katia Kameli est une réalisatrice et artiste visuelle franco‑algérienne. Sa double culture, nourrie par une jeunesse passée à naviguer entre des sphères sociales et culturelles distinctes, a forgé chez elle une aptitude à démystifier les récits dominants et à explorer les zones d’ombre de l’histoire. Elle se définit comme une « traductrice », considérant la traduction non comme un simple acte de transmission entre deux cultures mais comme une extension de sens et de formes. Depuis vingt ans, elle propose des contre‑récits faits de frontières poreuses et d’influences réciproques dans une pratique alliant film, installation et performance, nourrie par des formes photographiques, sonores, théâtrales et dessinées. Dans son travail, la recherche et les faits historiques alimentent un imaginaire plastique et poétique.
Le Roman algérien, cette fascinante enquête iconographique déployée par Katia Kameli depuis 2016, n’est ni un monument ni un anti-monument. C’est une œuvre en mouvement qui relie des voix, des imaginaires et des moments historiques et culturels pour redonner de l’épaisseur à l’histoire et la mémoire collective de l’Algérie. Film-essai polyphonique, il offre, chapitre après chapitre, une réflexion incarnée sur la fabrique des images dans toute leur diversité : cartes postales, photographies de presse, œuvres d’art et objets populaires y sont analysés, éprouvés dans ce qu’ils disent du passé etprojettent dans l’avenir.
En 2016, le premier chapitre s’intéresse au « kiosque aux images », l’un des rares espaces publics de l’Alger contemporaine. En 2017, Katia Kameli propose à Marie-José Mondzain de porter son regard de théoricienne de l’image sur des visuels clés de l’histoire algérienne – des images de la colonisation au drapeau de l’Indépendance. En 2019, le troisième chapitre suit la philosophe à Alger, au moment du Hirak, à la rencontre de Louiza Ammi, rare photoreporter de la « décennie noire », puis sur les traces de l’écrivaine et réalisatrice Assia Djebar (1936-2015) à Cherchell.
Dans Le Roman algérien (Un nouveau chapitre), fidèle à sa volonté « d’écrire en images » un récit conjugué au féminin pluriel, où les narratrices sont passeuses etautrices, Katia Kameli ausculte et prolonge le potentiel du film-poème d’Assia Djebar, La Nouba des femmes du Mont Chenoua (1978). Elle y interroge notamment l’actrice principale Sawsan Noweir et saisit les résurgences de lieux et figures emblématiques de La Nouba : des grottes situées près de Tipaza aux potières du Mont Chenoua où celles-ci perpétuent un savoir-faire ancestral qui fascinait déjà Assia Djebar. Pour la première fois, Katia Kameli mobilise également son parcours biographique et artistique, faisant de la transmission des gestes et des mémoires ainsi que des allers-retours entre passé, présent et futur des motifs définitivement centraux.
Clément Dirié
Lieu
Église Saint-Blaise
Commissariat
Clément Dirié
Exposition produite par les Rencontres d’Arles.
Exposition présentée dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026.
Informations pratiques
Dates du festival : du 6 juillet au 4 octobre 2026
Semaine d’ouverture : du 6 au 12 juillet 2026
Pass toutes expositions : 42 € (tarif réduit : 33 €)
www.rencontres-arles.com/fr














