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Arles 2025 : Jubilé de Serge Assier : Sète Ville de Lumière et de Poésie

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Plus de cinquante années de photographies, sur lesquelles s’invitent, en reconnaissance absolue, quarante années de présence aux Rencontres Internationales Photographiques d’Arles, avec une exposition originale chaque année. Nous voilà donc en présence de la quarantième exposition personnelle de Serge Assier, en la bonne ville d’Arles. Enfin, certainement pas si bonne que cela, la cité avec ses dignitaires, ses édiles, et la haute administration des rencontres dites internationales qui ressemblent de plus en plus aux »free tax» de luxe d’un aéroport mondialisé. A première vue, les logos du luxe et les fondations financières sont plus importants que les ensembles d’œuvres photographiques. Ces créations enfantées par ces gueux besogneux qui ont informé et émerveillé notre planète jusqu’à il y a encore une dizaine d’années. Lucien, Jean-Maurice, Michel et les autres doivent être esbaudis, depuis leur Olympe photographique, – à l’affût – derrière leur téléobjectif.

L’incontournable Serge Assier est l’exemple type de tous ces photographes aux œuvres aussi renommées qu’incontournables, ces passionnés bénévoles et impliqués, qui ont édifié cette vitrine mondiale de la photographie à Arles, devenue un étalage du clinquant pour « m’as-tu-vu » dédaigneux. Certes, il y a eu la scission, aussi inexpliquée qu’inexplicable, du festival en un « in » et un « off » qui s’est installée. Puis, nous avons assisté impuissant à la mise à mort (non tauromachique) du « off » par une intelligentsia qui expose ses compétences acérées de carriériste aussi imposantes que son incompétence totale dans le domaine de la photographie. Exception faite pour la production éventuelle de médiocres discours. Que reste-t-il de nos amours… photographiques et passionnés ?

Heureusement, nous reste encore quelques monstres, par chance pas toujours sacrés et un poil iconoclastes (au sens historique, hostiles à la pensée unique, cela va de soi.), aux œuvres remarquables. Ces créateurs d’images authentiques sont asphyxiés par tous ces auteurs dits émergents et leurs parrains, pour un « nouvel art du futur ». Ces nouveaux autoproclamés artistes  – en devenir – sont incapables d’extraire une création de leur propre démarche ou de leur asservissement à un ordinateur prometteur. C’est dire la pudeur, la sensualité, la qualité, l’émotion, l’information, le savoir dégagés par ces travaux qui ne sont revendiqués que par des egos boursouflés.

Les images de Serge, qu’elles soient volées ou posées, instinctives ou travaillées, insupportables ou mélancoliques, interpellantes ou futiles, possèdent toutes un point commun : la compétence photographique. Comment des photographies de sujets, d’une banalité absolue, deviennent des miroirs qui ne peuvent pas nous laisser indifférents, ni dans la réflexion, ni dans l’émotion. La construction hiérarchisée de chaque image, son contraste adapté aux conditions environnementales reste toujours sous l’emprise de la lumière qui semble se manifester à l’unisson de l’espace temps de l’œuvre. La cohérence de l’image apporte cette poésie du quotidien irréfléchie techniquement et pourtant tellement vivante dans toutes les images de Serge.

Ce n’est pas par hasard que le gamin berger est devenu l’ami des plus grands créateurs et poètes de la littérature, de René Char à Fernando Arrabal, de Philippe Jaccottet à Edmonde Charles Roux, de Bernard Noël à José Flore Tappy, de Michel Butor à Dominique Sampiero, etc.

Sa dérive poétique sur le monde de Sète, pour ce qu’il annonce comme sa dernière année à Arles, n’est pas un hasard. L’un des plus brillants photographes de presse de sa génération est aussi un auteur poétique, accompagné et soutenu par ses amis, dans son don de soi.

Honte, à ce zinzin pédant, sorte d’usine administrative, qui nous impose une débauche financière, aux résultats insipides qui laissent notre Serge Assier (au caractère certes bien trempé) dans une solitude profonde, hors de leurs sentiers rebattus.

Si vous venez à Arles cette année, pour voir des photographies, vous devez rendre visite à Serge Assier, dans son exposition exceptionnelle, pour comprendre ce qu’est une image photographique, d’une part. D’autre part, la Rencontre avec cet Homme est toujours réellement exceptionnelle. Les livres qu’il a commis avec ses amis écrivains sont aussi nombreux qu’accessibles pour tous, pendant les Rencontres.

La Photographie dans la Provence, la Provence dans la Photographie, ce n’est à manquer sous aucun prétexte. C’est totalement gratuit ! Serge sera personnellement sur place tout l’été pour son « au revoir » à la cité de l’image.

Thierry Maindrault

Galerie Librairie Ephémère
14 rue Portagnel [proximité de la place Voltaire]
13200 ARLES [intramuros]

tous les jours de 09 h 30 à 19 h 00.
du 05 juillet au 25 septembre 2025.

06 19 92 49 24

www.sergeassier.com

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