Grâce à un beau mariage, vitamine C et romarin, la fabrication d’un révélateur naturel peut se conserver jusqu’à 70 jours !!!.
Au fil de mes recherches, le romarin s’est progressivement imposé comme l’un des meilleurs ingrédients naturels pour fabriquer un révélateur alternatif.
C’est aujourd’hui, parmi toutes mes expérimentations, le produit que je privilégie sans hésiter : il est efficace, stable, que l’on peut conserver, et d’une richesse chimique exceptionnelle. Pourquoi le romarin ?
Le romarin contient en effet un ensemble de molécules actives particulièrement puissantes :
- Monoterpènes (huiles essentielles).
- Diterpènes phénoliques : acide carnosique, carnosol, rosmanol.
- Terpènes : acide ursolique, acide oléanolique.
- Acides phénoliques : acide rosmarinique, acide caféique.
- Flavones : luté
Ces composants sont connus pour leurs propriétés anti-oxydantes, antimicrobiennes et antifongiques
Les résultats obtenus lors de mes essais avec un temps de conservation évolutif.
Après avoir fabriqué un litre de révélateur au romarin, j’ai souhaité effectuer des essais successifs, en fonction de la conservation de ce même révélateur.
- J’ai développé 4 films noir et blanc (formats 6×6 et 24×36) en ne développant chaque fois et par économie pour le format 135, seulement qu’une bande de 18 vues de chaque film.
- Au début de mes essais après 18 jours de conservation de ce révélateur, puis après 23 jours, 51 jours, 63 jours et enfin pour conclure ces essais, car il faut savoir tout de même s’arrêter, j’ai développé au bout de 70 jours de conservation, un film d’une sensibilité de 400 ISO et de 36 vues. J’ai conservé ce révélateur dans un flacon opaque, à l’abri de la lumière, dans un endroit sec à température ambiante!
- Je précise qu’après chaque développement, j’avais décidé d’augmenter le temps de développement de 2 mn pour compenser les temps évolutifs de conservation et l’appauvrissement des réactifs, en conservant à chaque fois, la même température de départ, à savoir 25 °, et en procédant à une agitation de ma cuve, par renversements et par rotations simultanés durant 10 secondes toutes les minutes.
- J’ai également développé toujours dans le même révélateur, 14 tirages barytés de format 18×24, après 26 jours de conservation.
Les résultats ont été surprenants et remarquables, stables, contrastés et homo gènes.
Lors du développement des feuilles de papiers dont l’émulsion a été couché sur un support baryté, j’ai au final obtenu une coloration jaunâtre de mes tirages.
Fabrication du révélateur naturel au romarin.
Vous pouvez utiliser des feuilles fraîches ou des feuilles séchées.
Les deux fonctionnent, mais je vous conseille tout de même de privilégier les feuilles séchées qui permettront de mieux libérer leurs molécules actives lors de la décoction. Si possible au minimum, laissez sécher vos herbes dans un endroit sec à l’abri de la lumière et ce au moins une quinzaine de jours.
Décoction.
- Déposer 30 g de feuilles de romarin séchées dans 1,2 litre d’eau froide naturelle .Laisser les tremper 5 minutes.
- Après, porter le contenu à ébullition et maintenir une décoction de 15 minutes.
- Laisser tiédir puis filtrer, idéalement à l’aide d’un filtre à café en nylon très fin.
Pour une décoction destinée à la fabrication d’un révélateur pour films, je procède de la même manière mais avec quelques ajustements. En effet, Il est important cette fois, d’utiliser de l’eau déminéralisée pour votre décoction d’herbes en général afin d’éviter plus tard, des traces de calcaire ou d’autres tâches qui pourraient survenir sur ou dans les émulsions, durant le traitement de vos films ou de vos pellicules .
L’une des clefs de cette réussite, c’est le mariage de ces deux développateurs, la vitamine C avec le romarin!
La vitamine C (acide ascorbique) est composé de petites molécules qui agissent très vite et en profondeur dans l’émulsion argentique et qui sont très réactives, elles ont ici la particularité de travailler sur l’enregistrement des basses lumières et donnent finalement peu de contraste. Le romarin quant à lui, composé de molécules plus grosses, travaille plutôt en surface de l’émulsion sur les fortes lumières mais en revanche, il lui faudra plus de temps pour obtenir des détails dans ces hautes lumières.
En résumé, la taille des molécules de ces deux développateurs rentrent donc en ligne de compte dans le travail commun final, à savoir: la vitesse et la pénétration dans une émulsion, du révélateur naturel au romarin.
Enfin après mes essais, j’ai constaté qu’il fallait, après chaque développement et sans changer la température du révélateur, augmenter le temps de développement de deux minutes.
Révélateur au romarin pour films noir et blanc.
Dans le produit de votre décoction stabilisée de préférence à 22°, dissoudre dans l’ordre :
1 12 g de vitamine C (au lieu de 15 à 20 g pour les papiers).
2 47 g de carbonate de sodium.
3 6 g de sel iodé.
4 Ajouter 2 gouttes de liquide vaisselle en fin de fabrication pour améliorer
la pénétration du révélateur dans l’émulsion.
Toujours filtrer votre révélateur naturel avant usage.
Paramètres de développement du film :
- Température : 25°.
- Durée : 17 à 20 minutes. ( selon la durée de conservation de votre révélateur
- Agitation : 5 à 10 secondes toutes les minutes, par retournement et rotation de la cuve.
Le révélateur au romarin pour des tirages papier barytés à gradation .
1 15 à 20 g de vitamine C.
2 47 g de carbonate de sodium.
3 6 g de sel iodé.
En final, ajouter 2 gouttes de liquide vaisselle pour améliorer la pénétration du révélateur dans l’émulsion. Vérifier la valeur pH au fur et à mesure de la dilution de chaque produit.
Ensuite :
- Ajuster dans la mesure du possible le pH autour de 10,5 et s’il est un peu trop haut, le baisser avec un peu d’acide citrique (2 à 3 g à la fois, pas plus et vérifier).
- Filtrer de nouveau avant utilisation.
Température de développement papier : 33 à 36°.
Durée : 3 à 6 minutes, selon le rendu souhaité.
Rappel important.
Bien conserver votre révélateur au romarin dans un bidon opaque hermétique à l’abri de l’air, et si possible bien plein à ras bord, bien le fermer afin d’éviter au maximum, durant le temps de sa conservation: l’oxydation.
Information botanique.
Le romarin (Salvia rosmarinus), plante aromatique de la famille des Lamiacées, partage sa famille avec la menthe, le thym, la lavande, la sauge, le serpolet, la mélisse, le basilic, l’origan, la sarriette ou encore la marjolaine.
Il reste vert toute l’année, résiste naturellement aux parasites et se cultive facilement, que ce soit au jardin ou en pot. Sa cueillette est possible toute l’année, notamment sur terrains calcaires.
Jacques Revon
Journaliste honoraire, auteur, photographe.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Revon














