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20 ans du Prix HSBC pour la Photographie : Patrick Taberna, lauréat 2004

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C’est à la regrettée Carol Brown, spécialiste britannique de l’art contemporain, qu’avait été confiée la mission de conseiller artistique pour l’année 2004 du Prix HSBC pour la photographie (anciennement Prix de la Fondation CCF pour la photographie). Cette année-là, les deux lauréats sélectionnés étaient Malala Andrialavidrazana et Patrick Taberna, et pour ce nouvel épisode, c’est au tour de Patrick Taberna de répondre à nos questions sur son expérience.

L’Œil de la Photographie : Le prix HSBC pour la photographie fête ses 20 ans. Il est remis chaque année à deux artistes pour les aider à développer un projet et fait l’objet d’une exposition et d’une monographie, souvent la première. Comment avez-vous vécu cette expérience ?
Patrick Taberna : Une grande joie, d’autant plus que c’était inattendu. J’avais longuement hésité, ne me sentant pas prêt. J’ai déposé mon dossier le jour de la clôture du dépôt des candidatures poussé par mon épouse, elle a eu raison.
Ce fut une année très très riche avec les premières expositions en galerie, la monographie, les premiers contacts avec les journalistes ainsi qu’un public beaucoup plus large que mon public habituel (amis+famille).
J’ai eu aussi le plaisir de partager cette année avec ma co-lauréate, Malala Andrialavidrazana, nos travaux ont vécu en harmonie tout au long de cette année 2004.

Bref, une année positive tout en étant soutenu chaleureusement par Chantal Nedjib et Christine Raoult.

LODLP : Pouvez-vous nous parler du projet qui a été récompensé ? Le prix a-t-il eu une influence sur votre création depuis ?
P. T. : Le prix n’a pas forcément eu une influence sur ma création car “Au fil des jours” est dans la lignée des séries que j’ai faites avant ou après le prix.
C’est un travail qui se nourrit de plusieurs choses. En premier lieu, ma vie, la vie à 2 puis à 4 avec l’arrivée des enfants sur fond de voyages en Europe et plus loin.
J’y mets aussi mes humeurs, mes joies, mes peines, mes angoisses, mes découvertes, mes lectures, les films qui m’ont marqué.
C’est un travail qui “colle” à ma vie mais que je souhaite assez ouvert pour laisser les gens en faire quelque chose qui leur est personnel, qu’ils puissent en quelque sorte s’approprier mes images.
Je vieillis tranquillement, le regard, les attentions et les attentes changent forcément au fil du temps.

LODLP : Outre la publication d’une première monographie, quel impact le prix a-t-il eu sur votre carrière ? Aujourd’hui encore quels sont vos rapports avec HSBC ?
P. T. : Un méga impact, une chance incroyable.
Je montais mes séries et exposais depuis quelques années, suite à mon installation à Paris en 1987, sans avoir un large public. Je rêvais de publier un livre mais ça ne restait qu’à l’état de projet.
Le prix HSBC a été comme un coup de baguette magique qui m’a permis, entre autre, de réaliser ce vœux.
J’ai gagné énormément de temps quant à la visibilité de mon travail, et noué rapidement des liens avec d’autres galeries, en particulier la galerie Camera Obscura.
La fondation HSBC continue à m’accompagner, c’est une présence bienveillante.
Elle a fait appel à moi, ainsi qu’aux lauréats, pour les 10 ans et maintenant les 20 ans du prix.
Je suis avec attention les travaux des nouveaux lauréats dont je reçois les monographies tous les ans.
J’ai toujours plaisir également à revoir les anciens lauréats et des liens d’amitiés ont été noués avec certains d’entre eux.

« Le travail de Patrick Taberna se compose d’une série de portraits d’individus et d’endroits souvent vus au travers de détails accessoires : une épingle à cheveux, une carte déchirée, des bras tendus. Ces portraits donnent l’impression d’être liés à son propre passé tout en ne constituant pas un journal ou une chronique. Patrick Taberna n’offre ni narration en tant que telle ni confession intime de ses relations. Ses images sont maîtrisées et nous, en tant que spectateurs, sommes tenus éloignés du sujet, ignorant ainsi la signification réelle de l’image pour le photographe. Il s’agit de travaux discrets et privés, d’une accumulation subtile d’images sur sa vie. »
Carol Brown – Conseillère artistique 2004

LIVRE
Au fil des jours
Monographie 
Patrick Taberna
Editions Actes Sud
ISBN : 2-7427-4956-X

21,50€

http://www.patricktaberna.com
http://prixhsbc.evenium.com

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