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20 ans du Prix HSBC pour la Photographie : Clark & Pougnaud, lauréats 2006

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En 2006, le Prix HSBC pour la photographie a nommé Gilles Mora, directeur de la collection “l’oeuvre photographique” aux Editions du Seuil, comme conseiller artistique. Les deux lauréats de cette onzième édition sont Marina Gadonneix et le duo d’artistes Clark & Pougnaud. Pour ce nouvel épisode, c’est au tour de Virginie Pougnaud, peintre et Christopher Clark, photographe de répondre à nos questions sur leur travail primé et sur ce qu’ils sont devenus depuis lors.

L’Œil de la Photographie : Le prix HSBC pour la photographie fête ses 20 ans. Il est remis chaque année à deux artistes pour les aider à développer un projet et fait l’objet d’une exposition et d’une monographie, souvent la première. Comment avez-vous vécu cette expérience ?
Clark & Pougnaud : Nous avons vécu cette expérience comme une grande chance.
N’étant pas issus d’une école de photographie et n’appartenant à aucun « réseau », la reconnaissance de notre travail par un jury composé de professionnels mais également de non professionnels, nous a conforté dans l’idée que nos images pouvaient toucher un large public.
Nous étions déjà représentés par une galerie à Paris et une à Chicago et malgré tout il était très difficile pour des photographes français de vivre exclusivement de la vente de leurs photographies. Le prix HSBC nous a donné une visibilité qu’aucun agent n’aurait pu nous offrir.

LODLP : Pouvez-vous nous parler du projet qui a été récompensé ? Le prix a-t-il eu une influence sur votre création depuis ?
C & P : Nous n’avions pas présenté un projet spécifique, mais plutôt un ensemble de photographies prises depuis le début de notre collaboration (1998) jusqu’en 2005.
Nous travaillons toujours de la même façon depuis le départ, il y avait donc une cohérence entre les images, même extraites de plusieurs séries.
Le prix nous a permis de tenir sur la durée, il n’a eu aucune influence sur notre création.

LODLP : Outre la publication d’une première monographie, quel impact le prix a-t-il eu sur votre carrière ? Aujourd’hui encore quels sont vos rapports avec HSBC ?
C & P  : Grâce à ce prix nous avons été approchés par beaucoup de monde, nous avons été exposés aux Rencontres d’Arles. Pour certains collectionneurs qui aimaient nos photos mais hésitaient à acheter, le prix les a rassuré. C’est un peu comme un diplôme pour nous qui sommes autodidactes.
Nous sommes des gens un peu à part, dans le sens où l’on vit de l’air du temps, on adore notre travail que l’on ne considère d’ailleurs pas comme un travail, mais comme une passion, à laquelle nous donnons toutes nos pensées, toute notre énergie, mais cela ne suffit pas.
Pour en  « vivre » il faut partager nos photos avec le public, c’est le rôle qu’a parfaitement rempli la fondation pendant un an. Ils ont fait beaucoup de communication, fait venir les journalistes, produit une exposition, organiser tous les déplacements y compris à l’étranger, c’était merveilleux.
Après, il faut revenir à la réalité. Chantal Nedjib qui s’occupait du prix à l’époque nous avait dit « c’est à vous de prendre ce prix et d’en faire quelque chose »,  elle avait tout à fait raison.
Notre carrière a évolué avec le marché de l’art, qui est très tendu. Les français ont du mal à se faire une place, car ils ne sont pas assez soutenus par le marché national. Nous avons ressenti la crise de 2008 très fortement, car nous vendions surtout en Amérique du nord.
Malgré tout, contre vents et marées nous n’avons jamais abandonné, même si parfois, nous avons cru que nous y serions contraints. Heureusement, nous avons une bonne étoile.
On se répète souvent que l’âge d’un artiste ne rentre pas en ligne de compte, nous avons toujours autant de choses à dire par le biais de la photo, et nulle envie de capituler…
Kandinsky a écrit « l’artiste doit être aveugle vis à vis de la forme « reconnue » ou « non reconnue », sourd aux enseignements et aux désirs de son temps. Son œil doit être dirigé vers sa vie intérieure et son oreille tendue vers la voix de la nécessité intérieure ». C’est ce que nous nous efforçons de faire.
Nos rapports avec la fondation sont à l’image du prix, très agréables. Nous restons proches, ils nous ont aidé quand nous en avions besoin,  ls savent que c’est un métier difficile, ils jouent encore le rôle de « parrains », bien des années après.

« Thème des plus dangereux en photographie traditionnelle, “la solitude” peut fournir de redoutables effets à qui ne sait pas utiliser les armes de l’humour ou de la distance critique… Clark & Pougnaud -un photographe et un peintre- ont mis leurs compétences en commun pour installer un théâtre de la solitude aux références picturales assumées et revendiquées. Familiers des montages numériques, grands connaisseurs de la peinture classique et moderniste, ces deux artistes rendent, à travers le thème de l’être seul, hommage aux artistes-peintres et autres artistes qui ont produit, sur ce sujet, des icônes célèbres. Edward Hopper, le “Magicien d’Oz”, les contes de fées, le cinéaste Jacques Demy, sont ainsi convoqués pour produire cette imagerie acidulée, pleine d’esprit et d’intelligence culturelle, à travers la forme contemporaine de la “photographie mise en scène”. Un véritable tour de force technique vient inscrire les personnages dans des décors peints, fruit de la technologie numérique, et de la maîtrise photographique. »
Gilles Mora – Conseiller artistique 2006

LIVRE
Monographie Clark & Pougnaud

Editions Actes Sud
ISBN : 2-7427-6147-0

25€

http://www.clarkpougnaud.com
http://prixhsbc.evenium.com

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