Lasciare libero grazie (Laissez le passage libre, merci)
L’histoire d’un groupe de filles qui grandissent dans l’un des quartiers les plus complexes et problématiques de Palerme : Danisinni. Quartier d’origine arabe, il se trouve sur une dépression naturelle, puisqu’il s’agissait autrefois du lit du Papireto, l’un des fleuves qui traversaient Palerme. Principalement en raison de la morphologie du terrain, Danisinni est resté au fil du temps isolé du reste de la ville, presque suspendu entre le vert de ses champs et le centre historique de Palerme. Cet isolement est d’autant plus anormal que le quartier se trouve à quelques pas de la cathédrale et du centre historique de la ville. C’est un endroit qui tente depuis longtemps de revivre et de retrouver sa forte identité. Ces dernières années, diverses forces ont choisi d’y planter des graines, à commencer par le frère Mauro (un capucin), qui a travaillé dur au quotidien, en se concentrant sur les ressources du quartier, la beauté, les enfants et les jeunes, et l’art décliné sous toutes ses formes, jusqu’à ce qu’il refleurisse lentement. C’est une histoire de jeunes femmes, de liberté, de Palerme et de son pouvoir féminin qui submerge et perturbe. Il parle de la rue, de l’enfance et de l’adolescence. Il parle d’un groupe de filles et de jeunes femmes qui grandissent dans les rues de ce quartier, il parle de jeu, d’anarchie, d’amitié, de beauté soudaine et dérangeante. Il parle de silence et de cris. Un volet de garage sur lequel sont inscrits les mots « Lasciare Libero Grazie » (Laissez passer librement, merci) semble être presque une affiche et c’est le coin où elles se réunissent souvent l’après-midi. Certains jours, le soleil éblouit plus que d’autres et illumine tout, et les stores. Les filles animent le quartier, le rendent vivant, leurs voix emplissent l’air, leurs ombres se détachent et les accompagnent fidèlement. Les jours qui passent, jamais les mêmes mais toujours dans les mêmes rues, la complicité, leurs codes et leur pureté, les chevaux qui symbolisent le quartier, les émotions perturbatrices et lumineuses qui nous rappellent que la vie, dans son essence, n’est rien d’autre que cela.














