Saca, 1504
Chaque été, au bord des marais de Doñana, dans le sud de l’Espagne, se perpétue un rituel séculaire. Des centaines de juments sauvages sont rassemblées par des cavaliers appelés yegüerizos, héritiers d’une tradition qui remonte au moins à 1504 — l’année où le duc de Medina Sidonia formalisa la pratique par une ordonnance royale.
Cette série documente la Saca de las Yeguas, une migration rituelle de chevaux porteuse d’échos de conquête, de terre et d’identité. Il ne s’agit pas d’un spectacle folklorique, mais des fragments d’un rite plus profond : un fil tendu entre l’Andalousie et l’Atlantique, entre le yegüerizo et le cowboy, le gaucho ou le charro d’outre-mer.
Développé depuis 2016 à travers des années de proximité et de partage avec les yegüerizos, Saca, 1504 est à la fois un voyage anthropologique et une fresque visuelle. Un récit d’ascendance, de résistance et du souffle d’un monde en voie de disparition. Il vise aussi à restituer la figure du yegüerizo comme cavalier fondateur du monde atlantique — racine vivante des cultures équestres qui traversèrent l’océan et marquèrent l’histoire.














