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Le Questionnaire : Eric Canto par Carole Schmitz

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Eric Canto : L’image et la musique

Il y bien longtemps il jouait dans un groupe « The Washing Machine », passionné de musique l’idée de se produire sur scène lui était pourtant désagréable. La photo quant à elle est arrivée un peu par hasard, mais lui a permis d’allier ses deux passions, musique et image, le mettant dans la meilleure des positions selon lui. Depuis, il photographie et magnifie des artistes sur scène, en coulisses ou en tournées et crée des pochettes d’album avec le même plaisir et la même envie de réaliser des clichés forts. Il capte parfaitement les regards, les attitudes, les moments de complicité et dintimité sans jamais se faire remarquer.

Sa manière de travailler lui a permis de photographier tout ce que la scène musicale compte de stars. De Lenny Kravitz en passant par Jay-Z, Rihanna, Elton John, Paul McCartney et bien d’autres, tous sont passés devant son objectif. Il travaille surtout sur des coups de cœur et aux détours de rencontres qu’il peut faire

Adepte du noir et du blanc, Eric Canto laisse aussi se glisser un peu de couleur dans ses images créant ainsi un réel univers. Il ne fait pas de la photo pour simplement de la photo, mais cherche une approche réelle et constructive qu’en l’occurence il a trouvé dans son amour pour la musique.

Auteur également de 3 ouvrages, dont le plus récent « 10 ans de Furia » a obtenu la victoire de la musique Rock et Métal du « Livre de l’année 2021 », il aime l’énergie que lui procure la frénésie de son métier.

 

Votre premier déclic photographique ?

Eric Canto : L’envie irrépressible un soir de juillet, de me lever tôt le lendemain pour partir shooter l’intérieur d’une vieille église visitée des années auparavant. Ces quelques clichés repris par un groupe de métal sont le point de départ de mon travail de photographe .

 

Lhomme dimages qui vous inspire ?

Eric Canto : Gregory Crewdson. J’aime sa photo, la construction de ses clichés, son approche graphique et intellectuelle, qui le pousse à monopoliser une équipe gigantesque, des moyens dignes d’une production hollywoodienne pour faire un cliché. Disons que le fond et la forme me parlent. J’aime sa façon de mettre en scène un personnage, perdu au milieu d’un no man’s land, je trouve cela très beau. Je vous invite, pour ceux qui ne connaissent pas, à aller voir le travail de ce photographe.

 

Limage que vous auriez aimé faire ? 

Eric Canto : Une photo de Richard DUMAS qui a « shooté » Keith Richard dans un couloir d’hôtel. En dehors de l’icône Keith Richard, j’aurais adoré au dérushage choisir ce cliché. Shooter une des plus grandes stars de la planète et avoir le courage de choisir ce cliché ou on ne le voit pas. Juste deviner le personnage derrière la fumée de sa cigarette qui enveloppe son visage. J’adore ce cliché car il symbolise ce qu’est pour moi un photographe, quelqu’un qui fait ses choix suivant ce qu’il estime être pertinent. Alors bien sûr, il y a le business, la photo que l’on se doit de faire par rapport aux demandes du client, mais malgré cela, c’est le choix du photographe qui définit ce qu’il est.

 

Celle qui vous a le plus ému ? 

Eric Canto : Une photo d’Aylan Kurdi, un petit enfant syrien mort lors de la crise des migrants. Son corps allongé sur une plage turc, semblait irréel. Elle montrait toute l’absurdité et la violence d’un monde où les chiffres cachent des réalités d’une violence inouïe.

 

Et celle qui vous a mis en colère ?

Eric Canto : Cette même photo. L’émotion ne peut laisser place qu’à la colère.

 

Une image clé de votre panthéon personnel ?

Eric Canto : Une image clé est difficile à définir. Mon panthéon personnel est un mélange de ce que Richard Avedon a pu produire. Je reste un grand admirateur de son travail.

 

La qualité nécessaire pour être un bon photographe ?

Eric Canto : Assumer ses choix. Ne pas vouloir plaire, mais vouloir se plaire. Chercher à concrétiser l’image, l’idée que l’on a dans la tête sans faire grand cas des avis des autres. Aujourd’hui, la technique n’est plus un frein, un photographe se définit encore plus par ses choix. Savoir les assumer vent debout est pour moi une qualité primordiale.

 

Quest ce que pour vous limage parfaite, si elle existe ? 

Eric Canto : Pour moi elle n’existe pas. L’image est un catalyseur, certaines images me touchent car j’y projette une émotion. Tout comme un test de Rorschach, on trouve dans l’image ce que l’on vient y chercher. L’image est pour moi une caisse de résonance de nos émotions. L’image parfaite sera l’image parfaite pour vous.

L’approche est la même pour la musique, quand un titre va vous toucher parce qu’il car il vous rappelle un moment de votre vie. L’émotion provoquée rend à vos yeux, ce morceau unique.

 

La personne que vous rêveriez de photographier ?

Eric Canto : Si on parle de rêve, je vais dire Lemmy de Motorhead. Il est aujourd’hui décédé mais je l’ai croisé quelques fois, le regardant jouer au flipper dans des grands festivals et croisant sa silhouette impressionnante. J’aurais pu faire son portrait mais je n’ai pas osé l’approcher. A une période, son groupe Motorhead tournait continuellement en France. Du coup on se disait que si on ne shootait pas Motorhead à ce concert, il repasserait dans 6 mois. Lemmy est décédé brutalement. Motorhead s’est éteint. C’est resté pour moi un bon exemple de l’envie que l’on remet à demain… encore faut-il qu’il y ait un demain.

 

Un livre photo indispensable ?

Eric Canto : « Beneath the Roses » de  Gregory Crewdson.

 

Lappareil photo de vos débuts ?

Eric Canto : Un Olympus argentique.

 

Celui que vous utilisez aujourdhui ?

Eric Canto : Canon 5D Mark 4 et Canon R5.

 

Votre drogue favorite ?

Eric Canto : le café.

 

La meilleure façon de déconnecter pour vous ?

Eric Canto : Partir en mer.

 

Votre plus grande qualité ?

Eric Canto : Douter de tout.

 

Une image pour illustrer un nouveau billet de banque ?

Eric Canto : N’importe quelle photo de Peter Lindbergh.

 

Le métier que vous nauriez pas aimé faire ?

Eric Canto : Chanteur.

 

Votre plus grande extravagance en tant que photographe ?

Eric Canto : Ne shooter que les projets qui m’intéressent et refuser tous les autres.

 

Les valeurs que vous souhaitez partager au travers de vos images ?

Eric Canto : Cela me semblerait bien prétentieux de dire que j’entends pouvoir partager des valeurs avec mes photos. Mes photos sont mon prisme, mon point de vue sur un sujet. J’essaye d’y transmettre mon émotion.

 

La ville, le pays ou la culture que vous rêvez de découvrir ?

Eric Canto : Le Japon, graphiquement, culturellement, m’attire depuis toujours.

 

Lendroit  dont vous ne vous lassez jamais ?

Eric Canto : Le pit, juste devant la scène.

 

Votre plus grand regret ?

Eric Canto : Avoir perdu lors d’un déménagement, il y a quelques années, une lettre de Iggy Pop.

 

Instagram, Tik Tok ou Snapchat ?

Eric Canto : Insta !

 

Couleur ou N&B ?

Eric Canto : J’avoue un profond attachement au coté intemporel du noir et blanc.

 

Lumière du jour ou lumière artificielle ?

Eric Canto : Lumière du jour.

 

La ville la plus photogénique selon vous ?

Eric Canto : New York. J’adore cette ville, j’y retourne dans quelques temps pour un projet photo. J’espère y retrouver la ville que je garde à l’esprit, folle, imprévisible, ou tout semble possible.

 

Si Dieu existait lui demanderiez-vous de poser pour vous, ou opteriez-vous pour un selfie avec lui ?

Eric Canto : Je lui demanderais de poser, le visage masqué par un nuage de fumée…

 

Limage qui représente pour vous l’état actuel du monde ?

Eric Canto : Une photo de Fatima Shbair que j’ai découverte lors du dernier Visa pour l’image. Je pense qu’elle parle d’elle-même.

 

Et si tout était à refaire ?

Eric Canto : Juste avant de recommencer, Je prendrais un petit papier avec les numéros gagnants du loto, histoire d’être à l’aise .

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