C’est la deuxième fois que je suis invité, pour proposer une exposition collective, dans le cadre du KG+ de la Kyotographie. L’une des plus grandes manifestations photographiques d’Asie. J’ai donc proposé à mes amis Jun Sato et Hans Silvester de m’accompagner, sur la thématique des « Vies des Fleurs ».
C’est le célèbre Musée de la Ville de Kyoto, dédié à la Kaleidoscopie, qui accueille notre exposition dans son espace réservé aux expositions temporaires.
Cette année, au regard du thème, et des images sélectionnées, c’est le parti pris de peu d’images, très fortes et en grands formats, qui s’est imposé dans la scénographie. La mise en valeur de nos trois séries de photographies très remarquables, chacune dans son domaine photographique particulier, propose une accentuation de sa spécificité.
Les excellents portraits du « peuple fleur », de la tribu des Sorma implantée dans la Vallée de l’Omo (Éthiopie), se sont naturellement offert pour la partie photojournalistique. Ces belles et puissantes images d’Hans Silvester nous transmettent tellement plus qu’un épais roman. La beauté du Monde, l’harmonie de la Nature, l’interdépendance de la Vie, à travers quelques précieuses images, du maître de l’esthétisme graphique.
Les constructions structurées, les recherches dont les interrogations se doivent d’être partagées par le lecteur. L’incertitude graphique de la démarche qui exige l’esthétisme dans la rigueur du propos. Savoir trouver de l’inattendu derrière une démarche très organisée et maitrisée techniquement. C’est toujours ce propos imagé que nous offre Jun Sato. Jun reste un des meilleurs architectes de la photographie structurée, sans jamais oublier le fractionnement temps dans ses images qu’il glane par sa démarche cinématographique.
Le troisième volet propose quelques résultats de mes propres travaux sur la communication des éléments réputés sans âme. L’infiniment minuscule et le démesurément gigantesque finissent par passer de l’invisible au visible. A travers le choix physique d’un abandon délibéré de la prose graphique dans la réalisation d’une photographie au profit de l’utilisation des fortes contraintes poétiques déstructurées dans les images. L’utilisation des sens des lecteurs, suivi de leur interprétation cérébrale, implique un dialogue individuel et personnifié. Le lecteur doit participer en direct, volontairement ou non, afin de prendre en compte l’image dans sa réalité structurelle, supposée ou réelle. Le visible ouvre la porte à l’invisible.
Trois styles, trois démarches techniques, trois approches qui aboutissent à une confrontation intime entre l’Image et l’Homme. Pourtant, ainsi reste le rôle essentiel de la photographie dans le transfert de nos pensées, à travers un des éléments les plus esthétiques (par nécessité) de la nature : les fleurs.
Thierry Maindrault
EXPOSITION
Lives of Flowers
Kaleidoscope Museum Kyoto
706-3 Dongeinmae-cho,
Aneyakoji-dori,
Higashinotoin-higashiiru,
Kyoto City, Japan
du 30 avril au 11 mai 2025, sauf lundi
ouvert de 10:00 heures à 18:00 heures
entrée gratuite














