À l’ombre
Sur les plages des Caraïbes colombiennes, des vendeurs proposent toutes sortes de marchandises aux touristes : nourriture, bouées, jouets gonflables, location de radeaux ou d’enceintes pour écouter de la musique, tresses, massages, tatouages et photos. Gagner sa vie ainsi est difficile, surtout sous un soleil de plomb et sur le sable brûlant.
En raison de l’intense ensoleillement de la côte caribéenne colombienne, les vendeurs de plage tentent de se protéger des rayons nocifs du soleil, notamment en portant des cagoules ou en se couvrant la tête et le visage d’écharpes, de serviettes ou de vieux vêtements. Généralement, ils passent inaperçus auprès des touristes indifférents à leurs produits, mais ces couvre-chefs les dissimulent davantage, tandis que le contraste marqué entre la lumière et l’ombre plonge leurs visages dans l’obscurité.
On compte actuellement près de 2 millions de Vénézuéliens vivant en Colombie, dont 150 000 sur la côte caraïbe. Nombre d’entre eux se sont installés avec leur famille, tandis que d’autres ne font que passer. Dans les deux cas, ils occupent généralement des emplois précaires pour payer leurs factures ou financer leur voyage aux États-Unis. Vendre des produits bon marché ou proposer des services aux touristes sur les plages des Caraïbes est une pratique courante pour les Vénézuéliens.
Les Colombiens perçoivent généralement les Vénézuéliens sans papiers comme des marginaux ou des concurrents prêts à accepter des salaires plus bas et des conditions de travail plus précaires. De leur côté, les Vénézuéliens travaillant sur la côte caraïbe se font discrets pour éviter tout contact avec la police ou les agents du gouvernement, qui pourraient les renvoyer dans leur pays. Se fondre dans la masse est une stratégie de survie pour les travailleurs sans papiers, mais elle peut leur coûter la perte de leur identité.














