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Jeu de Paume : Martin Parr : Global Warning

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Cette exposition au Jeu de Paume propose de revisiter l’œuvre de Martin Parr à l’aune du désordre généralisé de notre époque, à travers différentes séries réalisées depuis la fin des années 1970 jusqu’à aujourd’hui. Tout au long de sa carrière, sans militantisme mais avec constance, aux quatre coins du globe, Martin Parr dresse un portrait saisissant des déséquilibres de la planète et des dérives de nos modes de vie.

À travers ses nombreuses séries, commencées dans les îles britanniques et en Irlande, puis étendues dès les années 1990 aux cinq continents, émergent des thèmes récurrents : les turpitudes et les ravages du tourisme de masse, la domination de la voiture, les dépendances technologiques, la frénésie

consumériste, ou encore notre rapport ambivalent au Vivant. Toujours avec son regard singulier et décalé Parr aborde indirectement plusieurs causes majeures identifiées des bouleversements climatiques de l’Anthropocène : usage effréné des transports, consommation d’énergies fossiles, surconsommation globale, dégâts environnementaux. Cet œuvre, en apparence plaisant, se révèle, avec

le temps et l’évolution des mentalités, peut-être plus grave qu’il n’y paraissait initialement. À la lumière de l’ensemble de son œuvre, l’usage du décalage et de la dérision place Martin Parr dans une lignée satirique britannique, attentive à révéler les paradoxes de notre société.

« Je vois maintenant que presque toutes les images que j’ai prises et produites récemment sont indirectement liées au changement climatique »

En quelque 180 œuvres traversant plus de cinquante ans de production, de ses débuts en noir et blanc à des œuvres récentes, l’exposition aborde, en 5 sections, nos turpitudes contemporaines, à travers des thèmes, des motifs, des obsessions récurrentes La façon dont les loisirs modifient l’environnement – du motif de la plage à celui des déchets, Parr a saisi les mutations que l’évolution de nos modes de vie modernes apporte aux paysages, où le plaisir et le gaspillage, le naturel et l’artificiel coexistent et s’entremêlent sans cesse.

« Tout doit disparaître » aborde l’univers consumériste qui est le nôtre, Parr dressant un inventaire cru et drôle de nos objets de désirs et nos modes de consommation, envisagé comme une forme de religion nouvelle.

Sous son objectif, supermarchés, centres commerciaux, foires et salons deviennent le théâtre d’une course effrénée partagée par toutes les classes sociales et impliquant les biens les plus divers, dans lequel l’humain lui-même devient parfois marchandise. « Petite Planète », du nom de l’un de ses ouvrages les plus célèbres, traite du tourisme, sujet de prédilection qu’il avait exploré, sur tous les continents, tant dans ses plaisirs que dans ses contradictions, voire ses impasses. Dans les lieux les plus emblématiques du phénomène, il s’est intéressé aux habitudes et aux comportements de ce touriste global, réalisant également, en filigrane, une étude des déséquilibres Nord/Sud. Dans « Le règne animal », c’est, la cohabitation parfois difficile entre l’humain et l’animal qui est étudié et décrit, entre indifférence et fascination, négligence et sur- attention, violence et affection.

Enfin « Addictions technologiques », aborde la question de l’humain et de la machine sous ses formes les plus diverses : voitures, téléphones, jeux vidéo, machines à sous et maintenant ordinateurs et smartphones qui redéfinissent chaque jour, au quotidien notre rapport au réel, à l’espace et au temps. « Je crée un divertissement, qui contient un message sérieux si l’on veut bien le lire, mais je ne cherche pas à convaincre qui que ce soit — je montre simplement ce que les gens pensent déjà savoir » disait Martin Parr en 2021.

Photographe infatigable, souvent entre deux avions, amateur de plages bien qu’il ne sache pas nager, Parr n’a jamais cherché à se poser en donneur de leçons – à ce titre, il précisait souvent qu’il faisait pleinement partie du monde qu’il documentait et critiquait. Sur la crise climatique et écologique :

« On va vers la catastrophe, mais on y va tous ensemble. Personne n’osera interdire la voiture ou les déplacements en avion », affirmait-il en 2022. Il reconnaissait volontiers l’impact environnemental de son mode de vie — notamment sa forte empreinte carbone — et refusait de prendre une position de surplomb vis- à-vis de ses sujets.

Conscient que les images ne suffisent plus à transformer le monde, il revendiquait toutefois une forme d’engagement discret, une guérilla visuelle capable de fissurer les représentations dominantes. Car si Parr utilisait l’humour, c’est toujours au service d’une réflexion, souvent critique, voire satirique, qui cherchait à déstabiliser les visions idéalisées — notamment celles véhiculées par les médias et l’industrie culturelle. Beaucoup de ses images jouent des clichés pour les détourner, les critiquer, les déconstruire, mettre en lumière ce qu’ils ont d’absurde ou de mensonger : de l’esthétique de la carte postale touristique à celle de la photographie animalière, de l’habitude du foodie à celle du selfie, ce sont les modes de vie et les imaginaires d’une partie de la planète qui sont interrogés, questionnés, et parfois moqués.

 

Martin Parr : Global Warning
30 janvier – 24 mai 2026
Jeu de Paume
1, place de la Concorde, Jardin des Tuileries
75001 Paris
Metro Concorde (lignes 1, 8, 12)
www.jeudepaume.org

 

 

 

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