C’est l’un des envois les plus insolites de la semaine. Il est signé Jim Matusik et il l’a accompagné de ce texte:
J’ai récemment hérité d’une immense collection de timbres. Je n’avais pas l’intention de devenir collectionneur, mais j’ai été séduit par la beauté de toutes ces images et j’ai voulu les utiliser dans mes photos. J’ai commencé de manière simple en les superposant à d’autres images, puis les collages sont devenus plus complexes.
Quoi qu’il en soit, le portfolio suivant en sera le premier chapitre.
Parfois, une image devient une marchandise, on la paye et on la met en service. Dans ce cas précis, il s’agit d’une petite merveille de papier capable de transporter des objets sur de longues distances pour un prix modique.
Voici le petit mais puissant timbre-poste qui unit avec succès les êtres chers et favorise le commerce depuis ses humbles débuts en Grande-Bretagne le 1er mai 1840. Avec le Penny Black, à l’effigie de la reine Victoria, on pouvait envoyer une lettre d’une demi-once partout au Royaume-Uni. Il a fallu sept ans de plus aux États-Unis pour rattraper leur retard, et à ce moment-là, il coûtait cinq cents.
Depuis, le timbre-poste est devenu un véritable visionnaire de papier, promoteur de l’histoire et des philosophies culturelles. Il peut être le portrait d’une nation entière, de ses héros ou de ses réalisations. Il peut incarner un rêve d’avenir ou, dans mon cas, servir à créer un paysage onirique, alliant sa puissance et sa beauté à l’art.
Mes timbres sont sortis de leur contexte et leurs magnifiques images pénètrent dans un monde étrange et nouveau. Leur énergie visuelle est utilisée pour transformer des arrière-plans atypiques en destinations exotiques. Parfois, des icônes culturelles ouvrent la voie.
Ainsi, le pouvoir de l’industrie devient un rêve de nouveauté et d’excitation, car il est désormais empreint de mystère et d’humour. Et il possède une nouvelle identité.
Le timbre est devenu une histoire.
Jim Matusik














