Rechercher un article

Interview: –Jean-Pierre Pappis

Sylvie et Jean-Pierre Pappis sont les gris gris du monde du photojournalisme. Tant qu’ils sont là, on sait que l’on existe encore. Inlassablement, 20h sur 24, ils reçoivent, conseillent, réconfortent. C’est l’ultime image d’Epinal d’un monde qui en a bien besoin. Michel Philippot a réalisé hier cet entretien avec Jean-Pierre Pappis.

Depuis quand Polaris existe ?

Jean-Pierre Pappis: Septembre 2002 et notre première présence à Perpignan après un an d’existence en sept. 2003, c’est donc cette année notre 8ème participation à Visa.

En 2011 Polaris, agence de photographes ressemble un peu à un village gaulois entouré, cerné par les légions romaines, i.e Corbis et autre Getty… Est-ce la situation ?

Jean-Pierre Pappis: A la naissance de Polaris, nous avons bénéficié d’un puissant soutien des photographes, des clients magazines et des agents étrangers. En 2002, les trois grandes agences traditionnelles Sygma, Gamma et Sipa n’existaient déjà plus ou étaient sur le point de l’être. Phagocytées par des « structures » qui ne connaissaient rien à la pratique du photojournalisme et rien aux trois branches nourricières que je viens de citer, c’est à dire les photographes, les magazines et les agents. Polaris était vue comme l’agence qui prenait la relève des trois anciennes et de ce fait était bien accueillie par ces trois activités de la profession. Nous avions en plus une technologie de pointe, grâce à mon programmateur et associé Laurent Imbaud alors que Getty et Corbis n’étaient pas encore au point. Ce fut alors notre âge d’or qui a duré jusqu’à 2007, 2008. Petit à petit les « géants » se sont imposés.

Comment ?

Jean-Pierre Pappis: Ils se sont imposés en bradant les prix, en pratiquant un dumping dévastateur, ils furent suivis par Reuters et AP, l’AFP distribuée par Getty…Mais « ils » ne sont pas les seuls responsables, même s’ils en furent les acteurs importants. La crise de la presse, et l’information divulguée sur le net. Un événement est sur le net quelques instants après l’action, que les images soient bonnes ou mauvaises, une très bonne série de photos arrivées trois jour après auront un air de « déjà vu ». Le net tente à dévaluer la « bonne image ».
Bon, le marché a diminué mais l’agence est toujours là avec des projets d’avenir…

Lesquels ?

Jean-Pierre Pappis: Pour le moment, je suis obligé d’être discret mais nous avons un plan qui nous fait croire en notre avenir.

Avec combien de photographes travaillez vous ?

Jean-Pierre Pappis: 70 photographes contributeurs réguliers.

Ont-ils conscience qu’ils travaillent pour une Agence dans la « tradition » ?

Jean-Pierre Pappis: Ils sont contents de parler à un rédacteur et d’être au courant de ce qui se passe quant à leur travaux.

Vivent-ils, économiquement parlant, grâce aux revenus que leur procure Polaris ?

Jean-Pierre Pappis: Ils gagnent leur vie par notre intermédiaire mais pas seulement, ils doivent faire de l’alimentaire.

Combien de personnes au staff de New York ?

Jean-Pierre Pappis: 10

Combien d’agents dans le monde ?

Jean-Pierre Pappis: 28

Quelles sont les parts de marché ?

Jean-Pierre Pappis: US, 50%, et le reste du monde : 50%.

Et entre archives et commandes ?

Jean-Pierre Pappis: Approximativement : archives 60%, commandes 40%. Nous faisons aussi du corporate.

Perpignan, qu’est ce que cela représente pour vous ?

Jean-Pierre Pappis: C’est un lieu de rencontre unique au monde pour notre profession. En quelques jours, rencontrer de nouveaux photographes, des rédacteurs photo de magazines, des agents, des confrères… Aux US, Visa est un moment attendu et qui peut s’y rendre ne manque pas de le faire. J’ai remarqué ces dernières années la venue de photographes d’Afrique, d’Asie, d’Amérique du Sud, c’est très réjouissant.

Une conclusion ?

Jean-Pierre Pappis: C’est un métier passionnant, une passion qui me ronge avec plaisir et que j’ai bien l’intention de continuer.

Perpignan, le 31 Août 2011. Jean-Pierre Pappis, Président de l’agence photographique Polaris. Interview réalisé par Michel Philippot.

Merci de vous connecter ou de créer un compte pour lire la suite et accéder aux autres photos.

Installer notre WebApp sur iPhone
Installer notre WebApp sur Android