Rechercher un article

Galerie La Lison / Galerie Rachel Hardouin : Irina Ionesco 1970-1980

Preview

Valérie Dufour & Rachel Hardouin présentent l’exposition Irina Ionesco 1970-1980 dans deux galeries en simultané.
Les photographies et les tirages d’époque sélectionnés par la photographe dans le cadre de sa rétrospective à la galerie REFLEX à Amsterdam en 2016, sont présentés simultanément au public, dans les deux galeries situées au cœur de Paris 10e, à partir du mardi 25 mars.
Cette collection d’œuvres originales n’a jamais été présentée au public en France.

 

Irina Ionesco par Rachel Hardouin

Effeuiller l’œuvre d’Irina Ionesco, sur la période 1970 – 1980, c’est se faufiler dans un univers théâtralisé d’une grande créativité et d’une remarquable richesse narrative. Cet ensemble produit à l’aide d’un appareil argentique, et de films noir et blanc, soulève et souligne plusieurs strates de la vie de l’artiste et de son imaginaire ancré dans la féminité absolue.

Un regard féminin sur les femmes, une vie rêvée qui semble sans cesse réinventée.

L’œuvre d’Irina Ionesco que nous avons choisie de présenter s’inscrit dans la période charnière des années 70’s où le monde bascule dans un refus de l’impérialisme du rêve américain, vers une quête de liberté de la pensée et des corps. Les artistes s’engagent contre les violences et les guerres, les françaises prennent la parole, descendent dans la rue pour défendre leurs droits, les minorités s’expriment pour gagner en visibilité et partager davantage de droits citoyens. Un autre monde se met en place, lequel ?

Le monde d’Irina se situe entre le 16, boulevard Soult (Paris 12e) où habite sa grand-mère, la Porte Dorée où son complice Corneille, peintre du mouvement Cobra dispose d’un atelier d’artiste de la ville de Paris, et le cimetière de Saint-Mandé où Irina aime errer et y glaner des matières pour ses futures mises en scène.

Le monde d’Irina se situe entre la réalité d’une enfance complexe et le miroir d’une vie rêvée. Irina est née à Paris en 1930. Les parents décideront de la confier à l’âge de quatre ans à sa grand-mère, en Roumanie. Pour s’exprimer, Irina devient danseuse, plus précisément charmeuse de serpents, dans un contexte burlesque et itinérant à travers l’Europe, à la veille et durant la seconde guerre mondiale.

Les mondes d’Irina se situent dans un espace sans limite en termes d’imaginaire. Les séries présentées toutes choisies par Irina Ionesco pour composer l’exposition rétrospective, en 2016, à la galerie Reflex d’Amsterdam, et le somptueux catalogue offrent ceci de remarquable : l’authenticité !
Authenticité et grande rareté des tirages tirés manuellement en laboratoire, signés et contretypés de commentaires de la main de l’artiste.

La pratique de la photographie avec le Nikon F offert par Corneille lui ouvre un monde où le rêve et la réalité rencontrent la théâtralité. Ainsi, dans sa petite chambre, elle met en scène Fafa, Jacqueline, Isis, Natacha, Silvia,… muses issues des limbes du monde slave et baroque d’Irina. L’immortalité, le japonisme, l’orientalisme, le fétichisme, l’Eros et le Thanatos, le monde de l’enfance, les jeux de poupées, les masques vénitiens, les miroirs, les tentures, les accessoires disparates tels que le samovar, la menorah, une fleur funéraire en céramique, un tournesol en plastique, des dentelles de Calais et de Caudry, des tentures dorées que l’on imagine en Jacquard, du papier psychédélique, une affiche de cinéma forment un décor éclectique. Un terreau du vivant, témoin du miracle que vit Irina en se réalisant en tant qu’artiste photographe.

Loin, très loin de la banalisation actuelle du sensuel et du charnel, Irina pose un regard de femme sur les femmes. Une féminité puissante et assumée. Une mise à nue.

Sa révolution féministe à la lueur d’une bougie, d’une fenêtre ouverte sur le boulevard Soult, une révolution empreinte de mélancolie et de liberté. Irina posera ainsi les fondamentaux de l’imaginaire de la femme puissante et libre, frontale ou abandonnée, sensuelle ou frivole pour les grands de ce monde. Paloma Picasso, Chantal Thomass, Yves Saint Laurent… s’inspireront de ces clichés inoubliables pour construire leur image à travers le monde. Une femme photographe visionnaire et singulière. Une femme libre assurément.

Rachel Hardouin, janvier 2025.

 

Exposition Irina Ionesco 1970 – 1980 du mardi 25 mars au mardi 6 mai 2025 dans deux galeries en simultané.

Galerie La Lison
5, rue Pierre Chausson
75010 Paris
+33 1 44 59 68 20
du jeudi au samedi de 10H à 19H
https://www.galerie-la-lison.com/

 

Galerie Rachel Hardouin
15, rue Martel
75010 Paris
interphone « 15martel » 4e en entrant à gauche
https://15martel.com/

Merci de vous connecter ou de créer un compte pour lire la suite et accéder aux autres photos.

Installer notre WebApp sur iPhone
Installer notre WebApp sur Android