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Galerie Jean-François Cazeau : Pierre Jahan : Photogrammes et Rayogrammes : 1940-1950

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La Galerie Jean-François Cazeau présente une exposition du photographe Pierre Jahan (1909-2003), intitulée Photogrammes et Rayogrammes : 1940-1950.

Né en 1909, Pierre Jahan fait partie d’une génération de pionniers de la photographie qui considéraient cette dernière non plus comme une pratique scientifique ou technique, mais comme un art du plaisir et de liberté. Personnalité protéiforme de l’avant-garde, inclassable, il appréhendait en effet ce médium comme terrain d’exercice, dont la seule loi résidait dans le plaisir de l’œil et de la main. Ainsi, dans cette quête de reconnaissance de la photographie comme un art à part entière, doté de ses propres possibilités plastiques et expressives, Pierre Jahan rejoint ses pairs Henri Cartier-Bresson, Man Ray, Lee Miller, László Moholy-Nagy ou encore Dora Maar, ainsi que leurs confrères de l’autre côté de l’Atlantique, tel Alfred Stieglitz.

Pierre Jahan expérimenta les nouvelles techniques – photogramme, rayogramme, surimpression, photomontage et photocollage – jusqu’au bout. Il fait partie, avec Moholy-Nagy, Man Ray et Christian Schad, de ces artistes ayant pratiqué la photographie sans appareil : le photogramme, par exemple – ou rayogramme dans le terme de Man Ray – s’avérant être une photographie obtenue par simple interposition d’un objet entre le papier photosensible et la source lumineuse. Son procédé fixe l’image, permet d’obtenir des silhouettes en négatif sur la photographie finale.

L’Herbier surréaliste (1945-1948), présenté dans l’exposition, est sans doute la série de photogrammes la plus surprenante de Pierre Jahan. L’artiste revient aux origines scientifiques du procédé souvent utilisé dans la botanique, tout en le détournant. Ainsi, des exemplaires de graminées et autres plantes se superposent sur des photographies. L’incendie de son appartement – et atelier – en 1948 participera, de manière inattendue, à finaliser les œuvres. Les photographies de cette série sont en effet partiellement brûlées, créant une nouvelle dimension plastique de l’image. Si l’incendie est un accident, il ne nie pas son apport dans l’œuvre de Jahan. Le hasard joue toujours un rôle fondamental dans le surréalisme, après tout. Il est l’un de ses éléments fondamentaux. Avec l’incendie, l’Herbier devient encore plus surréaliste.

 

Pierre Jahan : Photogrammes et Rayogrammes : 1940-1950
Jusqu’au 20 décembre 2025
Galerie Jean-François Cazeau
8 rue Sainte-Anastase
75003 Paris
01 48 04 06 92
www.galeriejfcazeau.com

Du mardi au samedi de 14h à 19h

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