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Festival FotoRio : exposition Mãe Preta

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L’Instituto de Pesquisa e Memória Pretos Novos (Institut de Recherche et de Mémoire des Nouveaux Noirs), est un lieu à l’importance historique à Rio de Janeiro. Il se situe sur la fosse commune où étaient enterrés les Africains juste débarqués sur le continent brésilien et qui y mouraient peu après leur arrivée. En parallèle de l’exposition permanente qui relate l’histoire du lieu, redécouvert il y a vingt ans seulement, l’institut accueille aussi régulièrement des expositions d’art contemporain.

À l’occasion de FotoRio, ce sont deux artistes visuelles, Isabel Löfgren et Patricia Gouvêa qui occupent l’espace avec une exposition intitulée « Mãe Preta (Mère Noire) ». Mãe Preta, c’est le nom que l’on donnait aux esclaves qui s’occupaient des enfants blancs.

Les femmes esclaves à Rio

Avec cette exposition, les deux artistes revisitent la figure de la mère et de la femme en général, dans l’histoire de l’esclavage, et la manière dont elles s’inscrivent dans les fragments de témoignages visuels qui restent. À partir de documents et d’images d’archive, elles réalisent des montages et collages, et réinterprètent ces images en faisant se détacher les figures féminines. Sorties de leur statut de silhouette parmi d’autres dans les scènes de travail dans les champs ou de corvées quotidiennes, les femmes se retrouvent parées de petits objets issus de la culture afro-brésilienne, voient leurs courbes cohabiter avec celles du paysage de Rio de Janeiro. Elles sont révélées puis cachées, dans un jeu sur le visible et l’invisible qui se met en place autour des images d’archive.

Isabel Löfgren et Patricia Gouvêa ont choisi de rendre également visibles par cette exposition les femmes noires d’aujourd’hui, et d’interroger les conséquences du passé sur la femme noire brésilienne d’aujourd’hui. À travers une vidéo, elles donnent la parole à des mères noires qui évoquent leur place dans la société brésilienne contemporaine, en évoquant les actes racistes, sexistes et d’exclusion que cela implique.

Des archives qui éclairent le présent

En choisissant de ne pas considérer les archives comme un élément simplement historique et appartenant au passé, mais en les réactualisant et replaçant dans le contexte contemporain, puis en créant un écho avec la situation actuelle, les deux artistes réactivent l’histoire de la ville de Rio de Janeiro. Elles mettent en lumière une partie importante de l’histoire d’un territoire qui ne connaît que trop peu son passé (Rio a été l’un des plus grands ports esclavagistes du monde), et nie les échos de cette histoire dans le présent.

Elsa Leydier

  
Mãe Preta
Au Festival FotoRio
Rio de Janeiro
Jusqu’au 25 septembre 2016

http://www.fotorio.fot.br/

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