Le Lycée Champollion, en lien avec l’Université Grenoble Alpes et la Maison de l’Image à Grenoble, continue son cycle de journées d’étude internationales autour des différentes thématiques et techniques liées à la photographie de Michael Kenna (1953-…), photographe britannique exposé dans le monde entier.
Cette deuxième journée d’étude vise à mettre en lumière une autre source d’inspiration majeure de son œuvre : la représentation de l’arbre. Depuis la fin des années 1970, Kenna a photographié les arbres de manière assidue : une première exposition, en 2011, organisée par la galerie KONG qui le représente à Séoul, montrait une sélection de ses photographies d’arbres avec, en accompagnement, la publication d’un catalogue intitulé Philosopher’s Tree. Le choix du titre pour présenter sa pratique photographique sur les arbres est caractéristique de la démarche de Kenna. Ce nom devient le symbole de tout un travail : l’arbre permet au photographe une rencontre à la fois physique, sensible, intellectuelle, esthétique, mais également métaphysique avec la nature.
Kenna travaille la puissance structurante des arbres dans le paysage. Le caractère souvent hivernal de ses décors dévoile l’exceptionnelle beauté de ses sujets, l’équilibre des formes, le développement
harmonieux et géométrique des branches et des troncs. Grâce aux ouvertures de pose très longues, qui peuvent durer jusqu’à dix heures, ses images dévoilent des éléments que l’œil humain, le plus souvent, ignore ou ne peut percevoir. Pour citer Chantal Colleu-Dumond qui a préfacé Arbres datant de 2022, « comme par un effet de synesthésie, ses images d’arbres sont emplies d’un mystère particulier et d’un silence absolu qui leur donnent un caractère d’évidence et d’universalité ». (2022, 4) Chantal Colleu-Dumond va plus loin en faisant de notre expérience avec la photographie d’arbres de Kenna une révélation de notre rapport au temps : « Le temps des arbres n’est pas celui des hommes, Michael Kenna souligne autant leur pérennité que notre finitude » (2022, 4). Mais la pratique de Kenna nous ramène également à la notion de temporalité, de durée et de série. Kenna aime photographier les chênes : il est ainsi tombé amoureux d’un grand chêne dans la ville de Beaverton, proche de Portland, Oregon. En juin 2021, Kenna a commencé une série de portraits du chêne de Beaverton. Un an plus tard, il a rassemblé déjà une sélection de 83 photographies, mettant à profit le confinement qui lui a permis de mettre en scène cet arbre dans un espace vidé de ses habitants. Les photographies de ce chêne par Kenna nous renvoient aux débuts de la photographie avec les prises de vue de chêne réalisées par William Henry Fox Talbot au milieu du XIXe siècle qui faisait des arbres les sujets idéaux à une époque où la photographie nécessitait de longs temps de pose qui provoquaient un flou pour tout élément non statique.
Nous vous invitons donc à voir ces êtres majestueux sous un nouveau jour, à écouter les leçons de ces autres qu’humains à une époque marquée par un nécessaire retour à la terre, « The Land », titre de l’exposition de Bill Brandt qui a révélé à Michael Kenna sa vocation de photographe de paysage en 1976.
Les principaux thèmes abordés :
1) L’arbre dans l’œuvre de Michael Kenna
2) L’arbre dans l’histoire de l’art : lien possible avec les peintres du XVIIIe et les photographes du XIXe
3) L’arbre à l’écran
4) L’arbre dans la création littéraire
5) L’arbre comme sujet de droit, d’agentivité ou de discours
6) L’arbre comme abstraction et architecture minimaliste naturelle
7) L’arbre en tant que symbole politique et écologique
8) L’arbre comme axe vertical / pont spirituel entre le visible et l’invisible
9) L’arbre et le rapport au temps : la notion de pose longue, de série et de répétition
10) L’arbre et la mémoire : symbole local ou universel ?
Les communications pourront donner lieu à publication.
Les propositions seront composées d’un seul fichier intitulé du nom de la personne répondant à l’appel ; elles comporteront une courte biographie (une page maximum) et la proposition de communication (3 000 signes maximum espaces compris). Elles pourront être rédigées en français ou en anglais.
Date limite de l’envoi à l’adresse [email protected] : 1er mai 2026.
Date et lieu de rencontre : vendredi 27 novembre 2026 au lycée Champollion à Grenoble (France)
Date limite de proposition : 1er mai 2026
Informations
Lycée Champollion
1 Cour Lafontaine, 38000 Grenoble, France
16 décembre 2025 au 22 janvier 2026















