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BZH Photo : À Loguivy-de-la-Mer, un littoral breton paré de photographie

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Chaque été, le village breton de Loguivy-de-la-Mer se pare de photographie. Fondé en 2019 par la commissaire d’exposition Camille Gajate, le festival BZH Photo invite chaque année un.e photographe en résidence sur le littoral breton pour un mois de création avec ses habitant.es. Les œuvres produites sont ensuite exposées sur le port durant toute la période estivale. Pour cette édition, Ester Vonplon signe un véritable poème visuel. Ses polaroids altérés forment un portrait abstrait et coloré du littoral, dont la silhouette se prête aux expérimentations de la photographe suisse. Présentées en plein air, ces images s’animent au gré du vent et des marées, composant une chorégraphie sensible avec les éléments naturels de la Bretagne.

L’Œil de la Photographie s’est entretenu avec Camille Gajate à propos de cette septième édition ainsi que de l’histoire du festival, son ancrage local et la relation sensible qu’il tisse entre photographie, territoire et habitants.

 

Chère Camille, comment est née l’envie de créer le festival BZH Photo ?
J’ai commencé ma carrière dans les archives photographiques. L’envie de partager les images que nous conservions m’a conduite à devenir coordinatrice de projets culturels et commissaire d’expositions, jusqu’à faire sortir la photographie des murs pour l’installer en plein air !

Peux-tu nous présenter le festival ?
BZH Photo est un festival de photographie en plein air, créé en 2019 à Loguivy-de-la-Mer (Côtes-d’Armor), et labellisé “Littoral en commun” par le Conservatoire du littoral. Chaque année, nous invitons un·e artiste venu·e d’un autre horizon à découvrir le patrimoine naturel du littoral breton lors d’un temps de création. Cette résidence vise à valoriser la culture du territoire en favorisant les échanges avec ses habitant·es, tout en les invitant à découvrir les projets photographiques réalisés. Chaque résidence donne lieu à une restitution en plein air, sous la forme d’une exposition gratuite et accessible à tous, sur le port de Loguivy-de-la-Mer. Suspendues au vent, les photographies offrent aux visiteurs l’occasion de (re)découvrir le paysage à travers une nouvelle sensibilité.

Avec quels photographes as-tu travaillé jusquici ?
Depuis la création du festival, six photographes aux parcours et nationalités variés ont été accueillis en résidence : le Japonais Kodo Chijiiwa, le Suédois Mårten Lange, la Brésilienne Fernanda Tafner, la Lettone Iveta Gabaliņa, l’Américain Daniel Jack Lyons, et plus récemment, la Suissesse Ester Vonplon.

Comment choisis-tu les photographes ?
Chaque rencontre a été différente. Mon travail de curatrice et de coordinatrice culturelle m’amène à découvrir régulièrement de nouveaux artistes — lors d’expositions, de foires, autour d’une table de présentation, ou encore par le biais de candidatures spontanées.

Les expositions ont toujours lieu en extérieur. Quel est ton parti pris scénographique ? Est-il élaboré avec les photographes ?
Le festival a été pensé en lien étroit avec le port de Loguivy-de-la-Mer. L’exposition en plein air est un choix assumé, motivé par la volonté de rendre les œuvres accessibles à tous, dans le lieu même où elles ont été créées. Nos dispositifs d’accrochage, installés sur les quais et dans le bassin, permettent une interaction unique avec les éléments : le vent, les marées, les passants — qui n’hésitent pas à tenir les photo-voiles pour mieux les regarder. Le choix des images et leur ordre d’accrochage sont toujours décidés en dialogue avec les artistes, en tenant compte du mouvement naturel des œuvres, qui pivotent, flottent, s’animent au fil du jour. Cela renforce le lien entre les photographies et le paysage dans lequel elles s’inscrivent.

En mai 2023, vous avez célébré les cinq ans du festival à Paris. Peux-tu nous en parler ?
Oui, c’était la première fois que nous réunissions les regards des artistes invités dans un espace intérieur : la Galerie Esther Woerdehoff, à Montparnasse. Ce fut une belle occasion de présenter des tirages fine art et de donner à voir une autre dimension du festival, hors du cadre breton.

Existe-t-il un projet de publication en parallèle ?
À chaque édition, nous éditons un petit coffret de dix photo-cartes. C’est une manière de garder une trace sensible et tangible de chaque passage.

Cette année, la photographe en résidence était Ester Vonplon. Peux-tu nous parler de son projet et de ce qu’il révèle du territoire ?
Venue de la source du Rhin, dans les Alpes suisses, Ester Vonplon a exploré notre rapport au vivant à travers une approche photographique expérimentale. Son corpus Dahinter wartet das Meer — littéralement “Derrière attend la mer” en alémanique — déploie une symphonie visuelle où chaque polaroid altéré devient une fenêtre vers un estran réinventé. Mer et terre y dialoguent dans une forme d’abstraction vibrante, qui réinvente notre façon de regarder le littoral.

Qui sera la ou le prochain.e résident.e ?
Nous avons plusieurs pistes. L’avenir nous le dira…

 

Texte et interview par Zoé Isle de Beauchaine

BZH Photo
https://bzhphoto.fr/

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