Le Sel des Jours
À partir de souvenirs culinaires familiaux recueillis auprès des habitants du Mor Braz, Le Sel des jours prend la forme d’une série de portraits mis en scène qui explore la manière dont l’alimentation devient un vecteur de mémoire collective.
L’artiste a rencontré un large panel de générations en leur posant une question simple : raconter un souvenir lié à un repas. Ces récits à priori anodins, transmis avec pudeur, constituent une matière sensible, ancrée dans l’expérience intime du quotidien.
Les décors des images sont ceux du quotidien des habitants, et les modèles incarnent parfois leur propre rôle, parfois celui d’un parent, grand-parent ou d’un membre de leur famille, rejouant ainsi des scènes qu’ils ont vécues ou entendues raconter.
Ce déplacement crée un dialogue entre les générations et fait émerger un trouble subtil entre passé et présent, entre mémoire vécue et mémoire transmise.
Le projet interroge ainsi les liens familiaux, culturels et intergénérationnels, et la façon dont ils se transmettent à travers les gestes, les habitudes et les récits liés à la table. Les souvenirs évoqués, souvent modestes en apparence, révèlent une expérience universelle : celle de l’enfance, de la filiation et de la construction de soi à travers ce qui se mange, se prépare et se partage.
Entre passé et présent, la mémoire se rejoue, se transforme et circule, créant des ponts entre les générations.
Dans un second temps, Le Sel des jours interroge l’évolution de notre rapport à l’alimentation. Des repas d’après-guerre aux pratiques contemporaines, des gestes aujourd’hui disparus à ceux qui subsistent. Ici, manger n’est jamais anodin : c’est une manière d’habiter le monde, de se situer dans une histoire commune et de faire lien avec les autres. Ancré dans le Mor Braz, ce projet dépasse le cadre géographique pour toucher à des expériences partagées par tous, en révélant la portée universelle des récits ordinaires et des gestes du quotidien.














