« C’est fabuleux ! » s’exclame Jean-Bernard devant les images de l’exposition « Éloge de la photographie anonyme » au cloître Saint-Trophime. « Il y a de vrais bijoux et puis cela permet de revoir l’histoire avec une forte authenticité » ajoute ce photographe venu pour suivre un stage sur le portrait aux Rencontres d’Arles.
Ce matin, l’un des deux commissaires de l’exposition, Philippe Jacquier, qui a consacré sa vie à collectionner ces pépites d’anonymes, vérifie quelques détails et prend le temps de raconter les dessous de chaque image aux visiteurs présents. « Ça, c’est merveilleux, c’est un pharmacien qui a photographié ses clients à leur insu pendant des années, et cela, dans un but très sympathique, celui de faire un trombinoscope » relate-t-il avant de confier : « Et juste après, vous avez l’ « album de Jean », notre plus belle trouvaille… »
« L’album de Jean » est celui d’un jeune homme de 18 ans qui a réalisé un recueil photographique dans lequel il marque d’une croix rouge les lieux où il a passé du temps avec celle qu’il aimait et sans doute après leur rupture. Il annote par exemple : « Là où tu étais toute à moi. » Œuvre bouleversante comme le sont ces 300 images de l’exposition qui viennent confirmer la grande phrase du photographe André Kertész : « Regardez ces amateurs dont le seul but est de recueillir un souvenir. Voilà de la photographie pure ! »
Pas très loin, en face, à l’église Sainte-Anne se déploie une vaste exposition consacrée à la photographie australienne avec comme principaux thèmes la question de la colonisation et celle de la place du peuple aborigène. L’artiste Adam Ferguson répond à des journalistes, posant ensuite pour nous devant ses images. Avec ce travail, il documente les profonds changements qui ont métamorphosé l’espace rural australien. À côté, ce sont les photographies de Michael Cook qui attirent l’attention. Le photographe a imaginé un espace public où la figure d’un membre du peuple autochtone viendrait se répéter à l’infini et pour signifier combien les aborigènes sont une minorité singulière en Australie.
On peut s’aventurer ensuite dans la crypte romaine, sous l’Hôtel de ville, pour déambuler dans le noir et dans la fraîcheur des voûtes sombres, regardant si l’on veut l’œuvre de Batia Suter faite d’images d’archives, d’installations architecturales et de vidéoprojecteurs.
À 17 heures a eu lieu la conférence du lancement des Rencontres d’Arles 2025, un grand nombre de personnalités étaient présentes. Vers 19 heures, les vernissages et cocktails commençaient un peu partout dans la ville. Nous sommes allés à celui organisé autour de la collection Nathalie Guiot, Géologie des âmes. Magnifique proposition sur le vivant avec notamment des œuvres de Francesca Woodman, Nicolas Floc’h et Zanele Muholi.
Jean-Baptiste Gauvin
Arles 2025 : Images Indociles
La 56e édition du festival se déroule du 7 juillet au 5 octobre 2025
La semaine d’ouverture a lieu du 7 au 13 juillet.
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